Bruxelles, 04/09/2012 (Agence Europe) - À Rarotonga (Îles Cook), les chefs d'États du Pacifique ont réitéré le 30 août leur engagement à conclure d'ici à la fin de l'année la négociation avec l'Union européenne d'un accord de partenariat économique (APE) avec toute la région au complet tout en demandant aux Européens de faire preuve de davantage de flexibilité dans les négociations.
Ces négociations commerciales en cours depuis 2004 n'ont jusqu'ici conduit qu'à la conclusion d'un APE intérimaire avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Fidji, alors que la région Pacifique compte 15 pays ACP. De l'avis de M. Ibn Chamhas, le secrétaire général du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), ces négociations laborieuses constituent l'une des « préoccupations majeures » dans les relations entre l'UE et les pays ACP. Aussi applaudit-il l'intention réaffirmée par l'ensemble de la région Pacifique de conclure un APE régional.
« La décision des dirigeants du Pacifique de réaffirmer leur engagement à conclure un APE régional complet incluant tous les membres au-delà de ce qui a été signé par deux membres de la région est très louable. Ce qu'il faut maintenant c'est que la région Pacifique progresse ensemble vers une intégration régionale renforcée », a déclaré le secrétaire général lors du sommet de Rarotonga.
Celui-ci a toutefois pris note des frustrations exprimées par les États de la région, lesquels réclament que l'UE se montre plus réceptive aux demandes de ses partenaires concernant l'accès au marché.
La Commission a menacé de retirer le bénéfice du règlement 1528/2007 sur l'accès au marché aux pays qui ont initialisé un APE et ne concluraient pas les négociations avant la fin de l'année 2013. Dans cette hypothèse, les pays qui ne seraient pas des PMA (pays les moins avancés) perdraient leur accès au marché de l'UE libre de droits de douanes et de quotas. « Il semble aussi que les pays ACP à hauts revenus et à revenus intermédiaire perdraient aussi le bénéfice du SPG suite à une proposition de la Commission de réviser le système. Une telle intransigeance ne favorise pas les progrès requis pour finaliser les négociations », estime M. Ibn Chambas.
L'accord intérimaire paraphé à la fin de 2007 par la Papouasie- Nouvelle-Guinée et par Fidji est mis en œuvre à titre provisoire depuis janvier 2008. Limité aux échanges de marchandises, il dispose que la Papouasie-Nouvelle-Guinée abolira, sur quinze ans, ses droits de douane pour 88% des importations en provenance de l'UE. Pour Fidji, ce pourcentage est de 87%. (AN)