Bruxelles, 04/09/2012 (Agence Europe) - L'association européenne des pilotes (ECA) attire l'attention sur l'émergence d'une pratique dangereuse pour la sécurité aérienne. Elle prétend que les pilotes sont de plus en plus incités à consommer le moins de fuel possible, vu l'envolée des prix du pétrole, quitte à voler avec le minimum possible de carburant. Elle lie ses propos aux cas récents de trois vols Ryanair à destination de Madrid, qui ont dû procéder à un atterrissage d'urgence à Valence fin juillet, après avoir atteint leur limite de carburant suite à une attente prolongée d'une heure dans le ciel madrilène pour cause d'orage. La compagnie à bas coûts nie avoir mis en danger la sécurité des passagers, mais une enquête a été ouverte en Espagne. En plus de cette illustration, l'ECA dit avoir été alertée que certaines compagnies aériennes feraient pression sur leurs pilotes pour qu'ils volent avec une réserve limitée de fuel. L'association estime que les compagnies aériennes préfèrent assurer leurs marges de profit, quitte à mettre les marges de sécurité en jeu. Elle pose la question de la viabilité des standards de sécurité établis au niveau européen. La législation européenne prévoit de procéder à un atterrissage d'urgence, lorsqu'une limite de 30 minutes de vol restant est atteinte. Elle laisse par contre le champ libre au pilote pour juger de la quantité de fuel en supplément à emporter, au vu des intempéries ou du trafic par exemple. L'ECA se demande dès lors si ces standards sont bien suffisants pour assurer la sécurité aérienne. (MD)