Bruxelles, 26/07/2012 (Agence Europe) - La dégradation de la situation humanitaire au Soudan et au Sud Soudan a conduit la Commission européenne à mobiliser 40 millions d'euros d'aide d'urgence additionnelle (EUROPE n° 10662). Octroyé jeudi 26 juillet, ce supplément d'aide est destiné à fournir eau potable, assainissement, nourriture et protection aux 200 000 personnes qui ont fui les combats dans les États du Kordofan méridional et du Nil Bleu, dont 37 000 (principalement du Nil Bleu) sont réfugiés en Ethiopie.
Ce nouveau financement porte à 127 millions d'euros l'aide humanitaire jusqu'ici mobilisée par la Commission pour les deux pays. Avec les 86 millions d'euros mobilisés par les États membres, la contribution de l'UE pour 2012 totalise à ce jour 213 millions d'euros d'aide d'urgence pour la région, mais pourrait encore être augmentée, si toutefois le Soudan permettait aux organisations humanitaires d'accéder aux populations dans le besoin à l'intérieur du pays, comme le demande Kristalina Georgieva, commissaire à l'Aide humanitaire et à la Réponse aux crises, et les ministres des Affaires étrangères des 27 (EUROPE n°10662).
La situation est critique dans les camps de réfugiés et de transit du Soudan du Sud: les réfugiés souffrent de condition sanitaires minimales et de malnutrition, les maladies se progagent avec des risques de choléra. « A Gida (Ethiopie), le camp le plus grand qui rassemble 55 000 personnes, il y a 400 cas de paludisme et, la semaine dernière, 23 personnes sont décédées de diarrhées aiguës. Dans le Haut Nil, le camp de Djamal compte plus de 30 000 personnes qui n'ont pas assez d'eau potable. On essaie actuellement de les déplacer », a expliqué à la presse un expert d'ECHO, le service d'aide humanitaire de la Commission européenne. La tâche est difficile en l'absence d'infrastructures et de la saison des pluies qui rendent le transport très couteux. Et le pays compte aussi 330 000 personnes déplacées.
Initialement, 87 millions d'euros avaient été programmés par la Commission pour l'aide humanitaire au Soudan et au Soudan du Sud en 2012. Depuis lors, des fonds supplémentaires ont été puisés sur la réserve d'urgence du budget de l'UE. « Actuellement nous ne pouvons pas accéder aux personnes affectées à l'intérieur du Soudan. Si l'accès devenait possible, nous pourrions retourner vers les autorités budgétaires » (PE/Conseil), a indiqué cet expert. Une équipe d'experts humanitaires de la Commission dépêchée sur le terrain suit la situation de près, évalue les besoins et supervise l'utilisation des fonds acheminés par les partenaires d'ECHO (le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, le Programme alimentaire mondial, l'Organisation internationale des migrations et le Comité international de la Croix Rouge. (AN)