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Bulletin Quotidien Europe N° 10664
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La Commission se tiendra aux côtés d'Athènes

Bruxelles, 26/07/2012 (Agence Europe) - « La Commission européenne se tiendra aux côtés de la Grèce », a déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, à l'issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement grec Antonis Samaras, jeudi 26 juillet. Il a toutefois ajouté que les actes devaient suivre les paroles et a pressé les autorités grecques de tenir leurs engagements, en particulier en ce qui concerne les privatisations. M. Samaras lui a toutefois assuré que son pays respecterait les termes du programme.
M. Barroso a également reconnu les sacrifices réalisés par les Grecs et a déclaré comprendre que certains des efforts « pouvaient paraître injustes » mais que certaines alternatives seraient beaucoup plus douloureuses. Il a également confirmé que 12 milliards d'euros de fonds structurels seraient mobilisés pour la croissance et l'emploi. « Nous sommes tous sur le même bateau », a-t-il ensuite conclu.

M. Samaras doit rencontrer la délégation de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), ce vendredi.

Jeudi matin, le ministre grec des Finances Yannis Stournaras a finalisé le plan d'austérité avec la délégation de la 'troïka' au terme d'une rencontre qui a duré plus de deux heures. Une source du ministère des Finances a déclaré à EUROPE que la proposition visant à économiser 11,5 milliards d'euros était « terminée » et qu'avant d'être formellement donnée aux représentants de la 'troïka', elle devait être « approuvée par les leaders politiques ». Cette même source a reconnu qu'il y avait « une bonne volonté des deux côtés de trouver les meilleures solutions ». Le gouvernement de coalition mené par Antonis Samaras s'est donc attelé à la tâche et a approuvé le paquet au cours de l'après-midi.

Ce sont donc 11,5 milliards d'économies sur deux ans que devra réaliser Athènes, conformément aux exigences de ses créanciers institutionnels. Les autorités devront également donner un coup de fouet de trois milliards d'euros aux revenus du gouvernement. Selon Associated Press, qui cite également une source gouvernementale, la 'troïka' n'aurait demandé aucune autre nouvelle économie pour cette année. Le détail des coupes budgétaires n'est pas encore connu mais les secteurs le plus susceptibles d'en faire les frais sont les pensions, les salaires du secteur public et la santé. Une cure d'austérité d'ores et déjà dénoncée par la Confédération Générale des Travailleurs Grecs (GSEE) qui, par communiqué, a dénoncé le fait que les économies prévues ne sont pas seulement « injustes et inefficaces » mais s'adressent également « à ceux qui ont fait le plus de sacrifices ». En plus du train de mesures, les autorités grecques ont annoncé mercredi soir la vente du groupe bancaire en difficulté ATEbank, qui, selon l'agence Reuters, aurait des besoins en recapitalisation de cinq milliards d'euros. Le mois de juin a en outre été une nouvelle fois difficile pour le secteur bancaire grec, qui a connu une nouvelle diminution des dépôts en liquidités, selon les statistiques de la BCE publiées jeudi. Les dépôts ont encore chuté de 5%, pour atteindre leur plus bas niveau depuis plus de six ans.

Athènes avait manifesté son intention de se tenir aux exigences de ses bailleurs de fonds, alors que le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro est à nouveau évoqué, notamment en Allemagne. Jeudi, Citigroup annonçait qu'il y avait 90% de chances qu'Athènes doive abandonner la monnaie unique dans un délai de douze à dix-huit mois. L'Institut IFO a estimé le même jour qu'un tel scénario coûterait jusque 82 milliards d'euros à l'Allemagne et 62 milliards à la France.

Jeudi, lors d'une conférence de presse à Washington, le FMI a toutefois jugé prématuré de se prononcer sur les conclusions de la mission, les discussions devraient en effet continuer jusqu'en septembre. (EL-stag)

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