Bruxelles, le 23/07/2012 (Agence Europe) - « La Grèce doit rester et restera membre de la zone euro », a réitéré inlassablement la Commission européenne, lundi 23 juillet, face aux inquiétudes sur la solvabilité du pays que relaie la presse. Elle a tout de même reconnu que le pays avait pris un retard considérable dans la mise en œuvre des réformes exigées par ses créanciers institutionnels en échange de l'assistance financière.
Ces déclarations interviennent alors qu'Athènes peine à remettre le plan d'ajustement sur les rails et doit accueillir, ce mardi, la prochaine mission de la 'troïka' (BCE, Commission européenne, FMI). Les représentants des trois institutions y sont attendus pour évaluer la mise en œuvre du programme d'ajustement et devraient se prononcer sur le paiement de la prochaine tranche d'aide une fois cet examen terminé. C'est-à-dire « dans un avenir très proche, mais pas avant le mois de septembre », selon la Commission.
Interrogé sur la capacité des Grecs à rembourser les bonds grecs détenus par la BCE et arrivant à maturité le 20 août, la Commission s'est contentée de rappeler les propos du président de l'Eurogroupe
Jean-Claude Juncker, selon lequel « il n'y a pas de souci à se faire, nous trouverons une solution » (EUROPE n°10652). Il semblerait pour l'heure que les bailleurs de fonds de la Grèce perdent patience. Alors que la Banque Centrale européenne (BCE) a annoncé, vendredi 20 juillet, qu'elle n'accepterait temporairement plus de titres de dette grecque en garantie (EUROPE n°10660), le site Internet du quotidien allemand Der Spiegel rapportait ce week-end que le Fonds monétaire international (FMI) ne participerait pas à un éventuel décaissement supplémentaire pour la Grèce. Der Spiegel ajoute que plusieurs élus allemands verraient d'un mauvais œil le retard pris par Athènes pour tenir ses engagements. Selon une source gouvernementale citée par le Süddeutsche Zeitung, il serait même « inconcevable que la chancelière Merkel demande une fois de plus l'aval du parlement allemand pour un troisième plan de sauvetage grec ».
Le gouvernement grec a reconnu que le pays avait été retardé par la tenue des élections législatives en mai et en juin. Le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras devrait s'entretenir avec les représentants de la 'troïka' jeudi 26 juillet. Lors de cette rencontre, il devrait notamment leur présenter le paquet mis sur la table le 18 juillet, qui prévoit une cure d'austérité de 11,5 milliards d'euros sur deux ans. La question d'une demande de délai supplémentaire avait été évoquée plusieurs fois par Athènes mais Berlin et le FMI avaient rejeté cette éventualité (EUROPE n°10655 et 10658).
Selon Der Spiegel, la 'troïka' aurait évalué à entre 10 et 50 milliards d'euros l'aide supplémentaire requise si la Grèce se voyait accorder une extension de délai. La Commission veut attendre les résultats de la prochaine mission de la 'troïka' avant de se prononcer sur des éléments de calendrier. (EL-stag)