Bruxelles, 23/07/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont exprimé, lundi 23 juillet, leurs vives préoccupations face à la dégradation de la situation au Mali, et réitéré à la fois leur plein soutien aux efforts déployés par la CEDEAO et l'Union africaine pour une sortie de crise, et ainsi que leur détermination à mettre pleinement en œuvre la stratégie holistique de l'UE pour le développement et la sécurité du Sahel, au Niger et en Mauritanie qui doivent être préservés de la contagion - il en va de la paix et de la stabilité régionale et internationale, ont-ils souligné.
À cette fin, le Conseil invite Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, et la Commission européenne à soumettre des propositions pour: - un soutien au possible déploiement d'une force de stabilisation de la CEDEAO au Mali sous mandat de l'ONU et en concertation avec un gouvernement d'Union nationale ; - la reprise graduelle de la coopération au développement avec le Mali en vue notamment de soutenir le processus électoral ; - contribuer à la restructuration des forces de sécurité et de défense maliennes sous contrôle civil, en cohérence avec la stratégie de l'UE pour le Sahel. L'UE est également prête à envisager des sanctions ciblées.
L'UE se dit « préoccupée par la lenteur des progrès de la transition politique à Bamako » et par l'incapacité de l'armée et des forces de sécurité à défendre l'intégrité territoriale, à protéger des institutions démocratiques et les populations civiles.
Sans citer nommément AQMI (Al Qaïda au Magrheb islamique), les conclusions du Conseil disent combien l'UE s'inquiète « de l'apparition au nord du Mali d'une base contrôlée par des groupes terroristes et extrémistes violents nationaux et internationaux, agissant de concert avec des réseaux criminels internationaux ». Condamnant fermement les exactions commises contre les populations, l'UE appelle les mouvements armés à y mettre immédiatement fin et à garantir l'accès humanitaire et la sécurité des travailleurs humanitaires. Elle s'inquiète aussi des informations faisant état d'une multiplication des violations des droits humains et déplacements forcés de populations civiles. Condamnant avec la même fermeté « les actes révoltants de profanation, dégradation et destruction de sites du patrimoine mondial au Mali » et les enlèvements, elle rappelle que les auteurs de ces crimes devront en rendre compte devant la justice. (AN)