Bruxelles, 23/07/2012 (Agence Europe) - Une libéralisation accrue au plan bilatéral accroîtrait le revenu européen de 250 milliards d'euros et aiderait à créer plus de 2 millions d'emplois, selon la Commission européenne.
Dans un document de travail interne publié le 18 juillet, l'exécutif européen analyse les retombées d'une libéralisation commerciale accrue sur la croissance économique et la création d'emplois en Europe.
Premier exportateur et importateur au monde, premier fournisseur et bénéficiaire d'investissements directs étrangers, l'UE a, selon la Commission, beaucoup à gagner à approfondir ses relations commerciales avec le reste du monde, qui générera 90% de la croissance économique à l'échelle de la planète d'ici 2015. Si elle poursuit son ambitieuse stratégie en matière de commerce extérieur, qui repose sur la négociation d'accords bilatéraux avec une dizaine de partenaires, dont les États-Unis, le Japon, le Canada, l'Inde, certaines économies en Asie du Sud-Est (des négociations pourraient être bouclées cette année avec la cité-État de Singapour et l'an prochain avec la Malaisie), et la Chine, l'UE pourrait accroître son PIB de 2%, soit plus de 250 milliards d'euros, et contribuer à créer plus de 2 millions d'emplois dans l'UE.
Sans la contribution du commerce, à hauteur de 0,7%, la croissance du PIB de l'UE serait négative en 2012. Ses performances commerciales sont solides: l'UE enregistre un excédent de 281 milliards d'euros dans le secteur manufacturier, un chiffre qui a quintuplé depuis 2000 et a plus que compensé l'augmentation de la facture énergétique sur la même période. Dans les services, l'excédent a été multiplié par 17 en 10 ans, pour s'établir à 86 milliards d'euros en 2010. En matière agricole, l'UE est passée d'un déficit de 3,3 milliards d'euros en 2000, à un excédent de 7 milliards d'euros en 2011. Près de 30 millions d'emplois dans l'UE, soit plus de 10% de l'effectif total, dépendent des exportations vers le reste du monde.
L'impact de toutes les négociations en cours et des négociations potentielles en vue d'accords de libre-échange bilatéraux pourrait être une hausse de 1,2% du PIB de l'UE, soit 150 milliards d'euros à court et à moyen terme, avec une hausse des exportations de 6,2% (129,6 milliards €) et une hausse des importations de 5,6% (118,2 milliards €). Un accord avec les États-Unis accroîtrait le PIB de 0,52%, pour une valeur de 65,7 milliards d'euros, avec une hausse des exportations de 1,4% (29,4 milliards €) et une hausse des importations de 1,35% (29 milliards €) ; la simulation ne prend pas en compte l'élimination des tarifs douaniers, seulement la levée des barrières tarifaires, mais une libéralisation tarifaire totale pourrait accroître le PIB de 0,02% (soit 3,3 milliards d'euros). Un accord avec le Japon se traduirait par une hausse de 0,34% du PIB, pour une valeur de 42,9 milliards d'euros, avec une hausse des exportations de 1,2% (25,2 milliards €) et une hausse des importations de 1,2% (25,8 milliards €). Un accord avec le Canada augmenterait le PIB de 0,08%, soit 10 milliards d'euros, avec une hausse de 0,7% des exportations (14,6 milliards €) et une hausse de 0,4% des importations (6 milliards €). Des accords avec les pays de la zone ASEAN (Singapour et Malaisie en cours, Vietnam à venir, discussions préliminaires avec la Thaïlande, les Philippines et l'Indonésie) engendrerait une hausse du PIB de 0,035% pour une valeur de 4 milliards d'euros, avec une hausse des exportations de 1,60% (33,7 milliards €) et des importations de 1,40% (30,1 milliards €). Un accord avec l'Inde apporterait un gain de PIB de 0,03 % pour une hausse en valeur de 3,8 milliards d'euros, avec une hausse de 0,55% des exportations (11,6 milliards €) comme des importations (11,8 milliards €). Un accord sur l'investissement avec la Chine augmenterait le PIB de 0,03%, pour une hausse en valeur de 3,8 milliards d'euros, avec une hausse de 0,07% des exportations (1,4 milliards €) et de 0,06% des importations (1,3 milliards €). Enfin, un accord avec le bloc Mercosur (Argentine, Brésil et Uruguay, le Paraguay étant suspendu depuis fin juin, et le Venezuela devant pleinement adhérer le 31 juillet) engendrerait une hausse de 0,17% du PIB, soit 21,5 milliards d'euros, avec une hausse de 0,65% des exportations (13,7 milliards €) et des importations de 0,66% (14,2 milliards €). En vigueur depuis le 1er juillet 2011, l'accord avec la Corée du Sud doit accroître le PIB de 0,075%, soit 9,5 milliards d'euros, avec une hausse de 1,2% des exportations (25,2 milliards €) et de 1,10% des importations (23,6 milliards €). Les gains de productivité résultant de l'intégration commerciale pourraient gonfler l'impact des accords commerciaux de plus de 50% ; cela pris en compte, on arriverait à une hausse de 2% du PIB.
La Commission souligne enfin que le rapport exportation/importation ne doit plus être vu sous un angle mercantile. Aujourd'hui, de nombreux produits ne sont plus fabriqués dans un seul endroit du début à la fin, mais sont assemblés à travers plusieurs étapes, souvent dans différentes parties du monde. Cette nouvelle organisation de la production le long de chaînes d'approvisionnement mondiales rend plus floues les frontières économiques et transforme les relations commerciales. Si les exportations sont essentielles pour la croissance économique et la création d'emplois, les pays ont aussi de plus en plus besoin d'importer pour atteindre ces objectifs, les deux tiers des importations de l'UE étant des matières premières, des biens intermédiaires et des composants nécessaires pour sa propre production. Depuis 1995, la part des importations étrangères dans les exportations de l'UE a augmenté de plus de 60%, pour atteindre 13%. (EH)