Bruxelles, 23/07/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne va s'intéresser de plus près aux accusations portées début juillet par deux ONG, l'allemande PRO ASYL et le Conseil grec des réfugiés, contre l'Italie et ses pratiques de renvoi systématique des migrants arrivés sur ses côtes vers la Grèce. La Commission va étudier les faits décrits par les deux ONG dans un rapport publié le 3 juillet, ont indiqué lundi 23 juillet les services de porte-parole de la commissaire Cecilia Malmström. Mais il ne s'agit pas encore à ce stade d'une enquête formelle, tient-on à préciser.
Dans leur rapport, les deux ONG avaient accusé Rome de repousser systématiquement les migrants arrivés dans les ports italiens vers la Grèce, où les conditions d'accueil sont notoirement mauvaises, et cela sans étudier leur situation au préalable. Les deux associations se basaient sur l'audition de 50 personnes ayant été confrontées à cette situation. Les deux ONG reprochent notamment aux autorités italiennes d'avoir manqué aux standards élémentaires en matière de protection internationale en n'ayant procédé à aucune interview des personnes arrivées sur les côtes italiennes et en s'étant par ailleurs rendues coupables de mauvais traitements sur les migrants. Les autorités italiennes n'ont également fait aucune distinction entre les adultes et les enfants, pourtant non accompagnés et traités de la même manière que les adultes, affirmaient encore les ONG. Pour les deux associations, l'Italie se trouve aujourd'hui par ces pratiques en totale violation des lois européennes et internationales, telles que la Charte des droits fondamentaux ou la Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant.
La Commission a pris note de ce rapport et utilisera tous les moyens du Traité si nécessaire, explique-t-elle. La Commission tient aussi à rappeler les obligations des États membres en matière de protection internationale, les besoins des candidats à l'asile devant toujours être évalués et des recours mis à leur disposition. Les États membres doivent encore ne jamais omettre le principe du respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. (SP)