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Bulletin Quotidien Europe N° 10661
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) espagne

De Guindos, nous n'avons pas besoin d'un sauvetage intégral

Bruxelles, 23/07/2012 (Agence Europe) - Inlassablement, les autorités espagnoles rejettent toute idée d'une aide financière globale pour l'Espagne malgré les nouveaux records observés sur les coûts de refinancement de la dette espagnole et la révision à la baisse des prévisions économiques du pays. « L'Espagne est un pays solvable » et cette solvabilité nous aidera à « dépasser les difficultés dont nous souffrons actuellement », a déclaré le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos, lundi 23 juillet devant les députés espagnols, rapporte l'AFP. « L'Espagne possède une capacité de croissance et n'a pas les problèmes d'autres pays qui ont été secourus, c'est la raison pour laquelle, elle ne sera pas secourue », a-t-il ajouté, à la veille de son déplacement à Berlin où il rencontrera son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

Madrid et la Commission européenne signeront, ce mardi, le protocole d'accord (MoU) qui scellera l'aide financière européenne, d'un montant maximal de 100 milliards d'euros, que l'Espagne recevra pour recapitaliser les banques plombées par leurs actifs immobiliers douteux en échange d'une restructuration et d'un renforcement de la supervision du secteur bancaire (EUROPE n°10660). Une réserve d'urgence de 30 milliards d'euros sera constituée au cas où certaines institutions espagnoles auraient besoin d'argent rapidement avant que les 'stress tests' spécifiques soient finalisés courant septembre.

La confirmation, vendredi, de l'accord sur le mémorandum espagnol ne rassure pas les acteurs financiers qui doutent de la capacité de l'Espagne à continuer à se refinancer seule sur les marchés. Le rendement exigé sur les obligations espagnoles à dix ans a franchi, lundi, un nouveau palier inédit à 7,5% avant de repasser sous cette barre, alors que le gouvernement espagnol a toujours indiqué qu'un taux voisin de 7% était insoutenable à long terme. « Les marchés sur-réagissent et sont parfois irrationnels », a d'ailleurs observé M. De Guindos, en s'interrogeant sur la façon de limiter des mouvements qui sont « dans une certaine mesure de nature spéculative ». Le trésor espagnol passera, ce mardi, un nouveau test en émettant des titres.

Sans croissance économique, honorer ses engagements en matière de dette publique devient une entreprise périlleuse. Outre la colère sociale qu'elle suscite, la cure d'austérité imposée par le gouvernement de M. Rajoy accentue la récession et gonfle le chômage qui atteint 25% de la population active. La Banque d'Espagne vient de reconnaître que la récession sera plus aiguë que prévue: le PIB espagnol a en effet reculé de 0,4% au 2ème trimestre. La croissance ne devrait être de retour qu'en 2014 au lieu de 2013, surtout après l'annonce d'un nouveau plan d'austérité de 65 milliards d'euros (EUROPE n°10657).

Les autorités espagnoles reconnaissent néanmoins qu'elles auront du mal à inverser seules la tendance. Dans une union monétaire, la lutte contre les mouvements indésirables des taux d'intérêt sur dette publique n'est pas du ressort des gouvernements « mais d'autres types d'institutions », a estimé M. De Guindos. Un appel semi-voilé à la BCE pour qu'elle réactive son programme d'achat de titres sur les marchés ? Quant au commissaire chargé de la concurrence, l'Espagnole Joaquín Almunia, il estime que la politique d'austérité espagnol donne droit à Madrid de « demander aux partenaires européens qu'ils complètent la tâche » de préserver la stabilité financière dans la zone euro, rapporte El País après une rencontre lundi de
M. Almunia avec la presse espagnole basée à Bruxelles. Un porte-parole de la Commission européenne a d'ailleurs rappelé que, en vertu de la déclaration du dernier sommet de l'Eurozone, les fonds de sauvetage européens étaient « opérationnels », notamment pour racheter, sous condition, des titres de dette de pays de l'Eurozone qui réforment et font de gros efforts budgétaires mais subissent la pression constante des marchés financiers. (MB)

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