Bruxelles, 15/06/2012 (Agence Europe) - La Pologne a préféré manquer à l'appel pour soutenir la feuille de route énergétique à l'horizon 2050. Il était attendu que le Conseil Énergie, qui se tenait à Luxembourg, vendredi 15 juin, adopte des conclusions sur le mix énergétique à promouvoir dans la décennie à venir et faisant la part belle à l'efficacité énergétique et au renouvelable. Varsovie s'illustre donc une seconde fois après son refus de signer une autre feuille de route, celle pour le climat à l'horizon 2050. Il en résulte que, sans unanimité au Conseil, la feuille de route revêt désormais le statut de « conclusions de la présidence », soutenues par 26 pays.
Partant du principe qu'il faut impérativement réduire aussi la facture énergétique des Européens, et l'impact de la consommation sur l'environnement, la Commission avait proposé, en décembre dernier, une feuille de route repensant le système énergétique. Celle-ci, discutée par les 27 réuni en Conseil « Énergie », a pour vocation d'établir d'ici 2050 une politique énergétique à faibles émissions de CO2 et stable à long terme, mais aussi abordable et sûre. Différentes voies vers la décarbonisation du système énergétique européen y sont préconisées: on y retrouve cinq scénarios favorisant les énergies renouvelables, sans exclure totalement le nucléaire, mais bannissant les émissions de carbone. Ce dernier point est difficile à accepter pour la Pologne, dont la production d'électricité dépend à 95% du charbon. Celui-ci permet au pays de conserver son indépendance énergétique, et aux consommateurs de jouir de tarifs peu élevés. La Pologne a donc préféré bloquer un consensus des 27 sur la feuille de route, en justifiant que des clauses pourraient avoir un impact négatif à long terme sur le développement économique de la Pologne, comme l'indique une note du ministère polonais de l'Économie. La présidence danoise estime que les 26 États membres ayant soutenu les conclusions « veulent que la Commission présente des propositions politiques post-2020. Je pense que c'est un signal très fort à la Commission et un signal clair au marché », a commenté Martin Lidegaard, le ministre danois de l'Énergie. Par ailleurs, le parlement polonais a rejeté un projet de référendum, soutenu par l'opposition de droite nationaliste, visant à renégocier le paquet climatique approuvé par l'UE en 2008. (MD)