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Bulletin Quotidien Europe N° 10635
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) rio +20

Staffan Nilsson pour des engagements fermes (carte blanche)

Bruxelles, 15/04/2012 (Agence Europe) - Nous voulons des engagements fermes pour faire du sommet Rio +20 un véritable tournant pour le développement durable: c'est le principal message que veut délivrer aux dirigeants européens Staffan Nilsson, président du Comité économique et social européen (CESE), à quelques jours du début du sommet au Brésil (du 20 au 22 juin). En marge du sommet, le CESE participera, mardi 19 juin, à une réunion avec différents partenaires sociaux et économiques des pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), avec la présence du commissaire chargé de l'environnement, Janez Potocnik. Le vendredi 21 juin, le CESE organisera une conférence sur les modèles de participation de la société civile au développement durable, à laquelle participera le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. (JK)

Staffan Nilsson: « Nous avons peut-être besoin de décisions rapides pour surmonter la crise, mais nous voulons que nos dirigeants gardent en vue une perspective à long terme sur la durabilité, ce qui signifie simplement qu'en répondant à nos besoins quotidiens, nous ne limitions pas la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Selon l'ONG WWF (Fonds mondial pour la nature, Ndlr), depuis 2005, notre rythme de vie a consommé 30% de ressources de plus de ce que la planète pouvait offrir.

C'est dans cette réalité et avec ce sentiment d'urgence que les gouvernements à Rio devront assumer leur rôle quand ils se rencontrent, du 20 au 22 juin, lors du Sommet mondial du développement durable, Rio +20. Le défi sera double: se mettre d'accord sur des principes contraignants qui garantissent l'écologisation de l'économie tout en éradiquant la pauvreté et créer un cadre institutionnel mondial pour le développement durable. C'est un moment de succès ou d'échec pour mettre nos économies sur des fondations durables.

À moins que les gouvernements ne s'engagent véritablement et prennent des mesures, Rio ne fera aucune différence. L'immense mobilisation mondiale de la société civile autour de la préparation du sommet Rio +20 forme déjà une base solide pour l'espoir. Nous convenons tous que nous voulons que nos gouvernements soient plus ambitieux en termes d'objectifs, de calendrier, de financement, d'engagements juridiques et de suivi afin de s'assurer que la Conférence Rio +20 offre un résultat qui contribue à relever les défis mondiaux de l'environnement, de l'économie et du social auxquels nous sommes confrontés.

Si certains peuvent se demander ce que la société civile peut raisonnablement faire quand de grandes questions, lors de grands sommets, sont en jeu et quand des gouvernements négocient et signent des accords, nous disons que ce que nous avons vu jusqu'ici, ce sont des chefs de gouvernement qui ne prennent pas d'engagements à moins que la société civile ne les pousse à le faire. Les gouvernements prennent peut-être les décisions politiques, quant au développement durable, qui façonneront notre avenir, mais ce sont les entreprises, les travailleurs, les consommateurs, les entrepreneurs qui adoptent les changements sur le terrain, au jour le jour.

L'UE peut jouer un rôle de chef de file dans les négociations et dans les engagements de Rio +20. Cette fois, nous avons vu qu'à ce jour l'UE parle d'une seule voix dans les négociations. Avec toute la crise qui met dans l'ombre les meilleures pratiques de l'UE en matière de développement durable, l'UE sait par expérience que l'écologisation de l'économie peut créer des entreprises et des emplois. Nous savons que la durabilité n'est pas seulement une mode passagère, c'est un nouveau modèle d'entrepreneuriat qui comprend des gains stratégiques à long terme pour les entreprises. Tout ce dont nous avons encore besoin au niveau européen est de concevoir un cadre de politique économique tourné vers l'écologie qui soit clair, stable et prévisible afin de donner aux entreprises une confiance suffisante pour qu'elles fassent les investissements nécessaires. Ceci ne donnerait pas seulement à l'Europe l'avantage du premier arrivé, mais contribuerait à créer de nouveaux emplois construits d'une manière intensive sur la connaissance.

Et il y a encore un domaine où l'UE à l'avantage dans les négociations de Rio +20: la participation des multiples parties prenantes dans le travail d'une telle politique et de ces négociations, ce qui est une partie intrinsèque de la gouvernance démocratique de l'UE. En tant qu'organe consultatif de l'UE, rassemblant le spectre le plus large possible des partenaires sociaux et des acteurs de la société civile, le CESE a contribué à la préparation des travaux de l'UE pour Rio +20 pour faire entendre la voix européenne de la société civile et faire avancer les négociations au-delà de simples intentions.

Par exemple, nous demandons que des indicateurs clairs, autres que simplement le PIB, soit mis en place pour mesurer les progrès économiques pour une plus grande durabilité: l'amélioration du bien-être humain et la qualité de la vie, en référence à la lutte contre la pauvreté, la création de conditions décentes de travail et la préservation de l'environnement naturel. Nous savons de quoi nous parlons et nous savons que nos demandes sont approuvées par les entreprises, les travailleurs, les agriculteurs, les consommateurs, les associations des PME et les autres divers groupes d'intérêts. C'est là que l'UE fait une réelle différence et où elle gagne, car nous savons que le changement de paradigme que Rio +20 demande ne peut se faire qu'avec des personnes et des communautés engagées ». (trad.jk)

 

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