Bruxelles, 21/05/2012 (Agence Europe) - Les leaders du G8 ont affiché un front commun en faveur de la croissance et de l'assainissement budgétaire notamment en Europe, le week-end dernier à Camp David dans la résidence du président américain Barack Obama. « Il y a maintenant un consensus de plus en plus net sur le fait qu'il faut en faire plus pour la croissance et l'emploi dans le contexte des réformes budgétaires et structurelles », a déclaré M. Obama, soulignant l'intérêt de tous les pays du G8, y compris les États-Unis, à ce que la croissance fasse son retour en Europe.
Dans leur déclaration conjointe, les pays du G8 accueillent « favorablement les débats en cours en Europe sur la façon de générer de la croissance, tout en maintenant un engagement ferme en faveur de la consolidation budgétaire à évaluer sur une base structurelle ». Même si l'objectif macroéconomique est le même pour tous, les moyens d'y parvenir pourront différer selon les pays. « Les mesures adéquates ne seront pas les mêmes pour tous », indiquent les pays du G8.
Pour les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso, « il y a un accord parmi les leaders du G8 sur le fait que les mesures stimulant la croissance et les efforts visant à assainir les finances publiques vont de pair ». « Opposer les deux est un faux débat », estiment-ils. « La première grande orientation, celle que je voulais donner, je n'étais pas le seul, c'était de mettre la croissance au cœur de nos discussions », s'est félicité le nouveau président français François Hollande. Même son de cloche du Premier ministre italien Mario Monti pour qui on ne peut se contenter des réformes structurelles et de la réduction des déficits pour générer la croissance. Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle a estimé que la croissance économique et la consolidation budgétaire constituent « les deux faces de la même médaille ».
Ce débat se poursuivra immanquablement lors du sommet européen informel de mercredi (voir autre nouvelle). Selon les prévisions de la Commission européenne, l'Eurozone sera en récession en 2012 (réduction du PIB de 0,3%), l'économie de l'UE devant stagner.
Le G8 soutient la mise en œuvre de « réformes structurelles » ainsi que « les investissements dans l'éducation et les infrastructures modernes ». Parmi les mécanismes servant à financer ces infrastructures figurent la création d'un effet de levier pour les fonds issus du secteur privé.
Grèce. La situation en Grèce, où des élections législatives auront lieu dimanche 17 juin, s'est invitée au sommet de Camp David. Les pays du G8 affirment leur « intérêt à ce que la Grèce reste dans l'Eurozone » tout en respectant les engagements auxquels elle a souscrit. « Le message que j'ai affirmé (…) avec Mme Merkel et que j'ai répété est que la Grèce reste dans la zone euro mais doit être accompagnée par l'Europe pour stimuler sa croissance », a considéré M. Hollande. (MB)