Bruxelles, 21/05/2012 (Agence Europe) - Tandis que le doute subsiste sur sa réalisation, le consortium Nabucco n'exclut pas la révision de ses ambitions en termes de capacité du projet européen de gazoduc.
Bien que confiant quant à la réussite d'un projet plus large, le directeur général du consortium chargé de sa construction, Reinhard Mitschek, n'exclut pas la construction d'une version réduite du gazoduc Nabucco, l'infrastructure censée transporter le gaz de la Caspienne et d'Asie centrale vers le marché européen à travers la Turquie, en contournant la Russie. « Nous nous concentrons sur les deux alternatives. L'offre pour le scénario de base Nabucco est toujours sur la table. Maintenant, nous allons travailler sur le cas Nabucco Ouest », a révélé M. Mitschek le 18 mai, cité par Reuters. Tandis que le projet initial prévoit la construction d'un pipeline long de plus de 4 000 kilomètres, et d'une capacité de 30 milliards de m3 par an, le consortium Nabucco a soumis la semaine dernière au consortium Shah Deniz II, qui gère l'exploitation du champ gazier du même nom en Azerbaïdjan, une proposition pour une version plus petite du gazoduc, Nabucco Ouest, de plus courte distance, reliant la frontière turco-bulgare à l'Autriche, et dont la capacité serait deux fois moins grande (16 milliards de m3 par an). Le consortium Shah Deniz II doit annoncer cet été vers quel projet de gazoduc son choix se porte, avec une décision finale d'investissement prévue pour 2013.
Détenu par l'autrichien ÖMV, le bulgare Bulgargaz, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le turc Botas et l'allemand RWE, à hauteur de 16,67% des parts chacun, le projet Nabucco, dont le coût est évalué à 12 milliards d'euros, est en concurrence avec deux autres projets pour obtenir le gaz de Shah Deniz II: le projet de pipeline Trans Adriatique (TAP), piloté par le norvégien Statoil, le Britannique BP, l'allemand E.ON Ruhrgas et le suisse EGL, et le projet de pipeline sud-est européen (SEEP), piloté par BP. (EH)