Bruxelles, 23/04/2012 (Agence Europe) - L'expropriation du pétrolier Repsol de sa filiale argentine YPF s'ajoute à une série de mesures restrictives aux échanges prises par Buenos Aires, déplore Karel De Gucht.
Dans un courrier adressé le 19 avril au ministre argentin du Commerce Hector Timerman, le commissaire au Commerce réitère les « graves préoccupations » de l'UE concernant le climat d'ensemble pour les affaires et l'investissement en Argentine, en particulier la décision récente du gouvernement argentin d'exproprier le pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF. « Cette action envoie un très mauvais signal à tous les investisseurs internationaux en Argentine », explique M. De Gucht, exhortant l'Argentine à « trouver une solution mutuellement acceptable avec Repsol et respecter ses obligations internationales sur le traitement et la protection des investissements de l'UE », qui représentent plus de 50% des investissements étrangers réalisés dans le pays, en particulier son accord bilatéral avec l'Espagne. Le commissaire au Commerce déplore en outre que l'expropriation de Repsol « s'ajoute à une liste croissante de décisions problématiques » prises par Buenos Aires en matière de commerce international et d'investissement. « Le nombre élevé et croissant de mesures restrictives à l'importation prises par le gouvernement argentin en application de sa politique discriminatoire de substitution à l'importation est une cause de préoccupation considérable. Elle a eu un effet néfaste sur les exportations de l'UE en Argentine », poursuit M. De Gucht, rappelant que l'UE et 18 autres pays membres de l'OMC, développés comme en développement, ont exprimé, lors d'une réunion au siège de l'organisation le 30 mars, leur inquiétude quant aux mesures protectionnistes prises depuis 2008 par l'Argentine (en particulier l'extension de la liste des produits soumis à des licences d'importation en Argentine, EUROPE n° 10590). « Vous êtes certainement conscient des considérations juridiques que soulèvent ces mesures manifestement incompatibles avec les règles de l'OMC », insiste-t-il. Déplorant de n'avoir pu « clarifier et résoudre » cette question dans ses contacts bilatéraux avec l'Argentine, ni « obtenir une justification valide » de Buenos Aires à ce stade, M. De Gucht presse l'Argentine de « reconsidérer » sa politique de restriction des importations et d'abandonner toutes les mesures formelles qui en découlent. « L'UE n'exclut aucune option pour résoudre cette question aux plans bilatéral et multilatéral », ajoute le commissaire, jugeant en outre les mesures prises par le gouvernement argentin « incohérentes » avec l'esprit des négociations pour un accord d'association entre l'UE et le Mercosur. M. De Gucht fustige des actions « d'autant plus inquiétantes qu'elles contredisent les engagements pris dans le cadre du G20 par l'Argentine pour résister au protectionnisme ». (EH)