Bruxelles, 23/04/2012 (Agence Europe) - L'escalade de la violence entre les deux Soudan préoccupe l'UE au plus haut point, et c'est un message très ferme que les ministres des Affaires étrangères des 27 ont adressé, lundi 23 avril, aux deux parties, en les exhortant à cesser immédiatement les attaques mutuelles pour respecter l'accord de non agression, à retirer leurs troupes de l'État Abyei et à s'abstenir de toute nouvelle provocation, et notamment de toute rhétorique qui mette de l'huile sur le feu. C'est à la table des négociations que les deux parties doivent d'urgence retourner, souligne le Conseil qui condamne les bombardements aériens et les incursions terrestres des forces armées soudanaises dans le Soudan du Sud. S'il salue l'annonce récente du retrait des forces du Soudan du Sud de Heglig, le Conseil appelle Juba à s'abstenir de toute nouvelle attaque de ce type, et Khartoum à ne pas attaquer les forces du SPLA lors de leur retrait.
« L'utilisation de la force ne résoudra aucune des questions en suspens entre les deux pays. L'UE presse les deux parties de retourner au processus de négociation », souligne le Conseil dans ses conclusions.
En marge de la session, la France a déclaré que des sanctions étaient possibles contre le Soudan du Sud. Interrogée à ce propos, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Mme Ashton, a répondu que l'UE n'en était pas encore là, même si plusieurs options sont à l'examen.
« Il faut surveiller la situation de près. C'est le COPS qui s'occupera du volet politique. Nous n'avons pas encore envisagé de mesures concrètes mais nous ne devons pas relâcher notre vigilance pour encourager la reprise du dialogue entre les deux Soudan. On ne peut préjuger de l'issue de la situation. Notre premier objectif est d'exercer une pression positive », a-t-elle déclaré, assurant que l'UE fera tout ce qui est en son pouvoir pour encourager le retrait des troupes, des avancées dans les pourparlers et la reconnaissance des frontières. (AN)