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Bulletin Quotidien Europe N° 10600
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) pays-bas

Le Pacte de stabilité n'est pas stupide, selon lA Commission

Bruxelles, 23/04/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a réaffirmé, lundi 23 avril, la nécessité de renforcer la gouvernance économique européenne, à travers l'assainissement des finances publiques et la poursuite des réformes structurelles, alors que le gouvernement néerlandais minoritaire met les bouchées doubles pour trouver 16 milliards d'euros d'économies supplémentaires afin de ramener son déficit public à 3% du PIB national en 2013. « Le Pacte de stabilité et de croissance n'est pas stupide ! », a lancé le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn, en référence à une affirmation célèbre de l'ex-président de la Commission Romano Prodi. Répondant aux accusations de certains dirigeants politiques néerlandais qui dénoncent les craintes imposées par des fonctionnaires européens 'dérangés', il a rappelé que la révision du Pacte de stabilité et de croissance avait recueilli l'assentiment des 27 gouvernements nationaux et d'une majorité d'eurodéputés démocratiquement élus. « Les Pays-Bas ont d'ailleurs été de fervents partisans d'un renforcement de la gouvernance économique européenne », avec un rôle fort pour la Commission européenne pour faire appliquer les règles et les décisions prises, a-t-il souligné. Et d'évoquer les propos de M. Rehn selon lequel les Pays-Bas ont bénéficié « pendant des décennies de cette culture de la stabilité que nous sommes en train de renforcer en Europe », en termes de « réputation internationale » et de « confiance » des investisseurs.

Le Premier ministre néerlandais libéral Mark Rutte a perdu ce week-end son allié Geert Wilders, chef parti d'extrême droite PVV, pour cause de désaccord sur les mesures d'économies à adopter, ce qui l'a conduit à présenter sa démission à la reine Beatrix ce lundi. Le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager est toutefois apparu confiant dans la capacité du gouvernement à présenter ses programmes nationaux de stabilité et de réformes structurelles d'ici fin avril. « Je pars du principe que nous allons trouver une majorité pour les mesures que nous allons pouvoir présenter à Bruxelles », a indiqué M. Kees de Jager, rapporte l'AFP. « Ce qui est important, c'est que nous, les Pays-Bas, nous avons toujours montré que nous avons une politique solide, aussi dans les circonstances difficiles », a-t-il ajouté.

Le porte-parole de M. Rehn a fait part de la confiance de la Commission dans la capacité du gouvernement néerlandais à « chercher des solutions budgétaires qui sont importantes pour l'économie, mais en premier lieu, pour le bien-être des citoyens ». Des décisions sont à prendre « pas pour faire plaisir à 'Bruxelles', mais parce que c'est bon pour les citoyens néerlandais », a-t-il encore souligné. Selon les chiffres publiés lundi par l'Office statistique de l'Union européenne (Eurostat), le déficit des Pays-Bas a atteint 4,7% du PIB en 2011. Des économies supplémentaires de 16 milliards d'euros s'avèrent nécessaire pour respecter l'engagement du gouvernement néerlandais de ramener le déficit public sous la barre des 3%. D'aucuns s'interrogent aussi sur l'impact de cette crise politique aux Pays-Bas sur le rating du pays, l'un des rares à encore détenir la notation maximale AAA dans l'Eurozone aux yeux des principales agences de rating.

Existe-t-il une possibilité de renégocier cet objectif ? La révision du Pacte a resserré les règles de surveillance en matière de déficit et de dette excessifs et a introduit une procédure de surveillance des déséquilibres macroéconomiques. La Commission est habilitée à agir désormais le plus en amont possible. Au niveau européen désormais, « la pression des pairs existe en vue de prévenir plutôt que de guérir » les dérapages, a confirmé le porte-parole de M. Rehn. Il a concédé qu'un « dialogue » était toujours possible entre les échelons national et européen et qu'une « marge de correction » pouvait exister. Cela est vrai lorsqu'un changement de gouvernement a lieu et que celui-ci est désireux de modifier la politique de son prédécesseur.

Le Belge Guy Verhofstadt, chef du groupe libéral au Parlement européen auquel appartient le parti de M. Rutte, condamne le rejet de l'austérité économique par M. Wilders. « Ce n'est pas à cause des règles européennes que les Pays-Bas doivent mettre en place des mesures d'austérité. Le déclin sévère que nous observons en Espagne, Grèce et au Portugal montre ce qu'il se passe si des pays décident de ne pas s'en tenir au Pacte de stabilité et de croissance », déclare-t-il dans un communiqué. Et de dénoncer l'hypocrisie du chef du PVV qui refuse les efforts budgétaires dans son pays tout en traitant les Grecs de paresseux. (MB)

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