Strasbourg, 19/04/2012 (Agence Europe) - Alors que les différends à l'international au sujet de l'inclusion de l'aviation dans le système d'échange de quotas d'émissions de carbone (ETS) de l'UE sont moins sous les feux de la rampe, l'Association internationale du transport aérien (IATA) revient à la charge et continue de mettre la pression.
L'OACI a tout prix. Tony Tyler, directeur général de l'IATA, juge toujours « contre productive » l'obligation européenne de faire payer les compagnies pour leurs émissions de carbone depuis le 1er janvier: « l'approche régionale fausse le marché. Et cela n'aura pas l'impact positif sur la durabilité de mesures coordonnées globalement par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). En outre, l'approche unilatérale et extra-territoriale est vue par les pays non européens comme une attaque contre leur souveraineté ». Il rappelle que la menace d'une guerre commerciale est bien vivante et enjoint de l'éviter: « Personne ne veut une guerre commerciale. Je suis confiant que si l'Europe participe pleinement à l'OACI - qui essaie de trouver une solution avec la communauté internationale au-delà de ses plans actuels - l'OACI facilitera avec succès l'obtention d'une solution durable pour l'environnement ».
Pour la Commission aussi. Une option que ne conteste pas la Commission, comme l'affirmait encore Henrik Hololei, chef du cabinet du commissaire européen, Siim Kallas chargé des transports, lors de la conférence des compagnies aériennes régionale européennes (ERA) à Porto le 18 avril. « Cette question (ndrl: ETS) doit être abordée, et résolue, à l'OACI. L'Europe veut voir une solution multilatérale. C'est un défi auquel la communauté de l'aviation tout entière est confrontée, la coopération internationale est vitale ». Mais à ce stade rien de concret n'a encore émergé de l'OACI.
Aucune menace du rail. Par ailleurs, M. Hololei insiste sur le fait que la volonté de la Commission de verdir le transport, n'a pas pour ambition de remplacer les lignes aériennes par des connexions en train à grande vitesse: « Nous ne voyons pas le rail comme une 'alternative' pour remplacer l'aviation. Cela étant dit, il y a un sens à développer de meilleurs liens entre les infrastructure ferroviaires et aéroportuaires pour assurer un mouvement sans heurts des passagers du train vers l'avion » a tenu à clarifier le bras droit du commissaire. (MD)