Bruxelles, 19/04/2012 (Agence Europe) - L'augmentation attendue, pour les 15 ans à venir, de la facture d'électricité des ménages et des entreprises met les États membres au défi de rendre cette hausse supportable, prévient la Commission européenne, dans le cadre des travaux du Conseil Énergie informel à Horsens.
« Selon la plupart des scénarii, les prix de l'électricité augmenteront jusqu'en 2030, avant de décliner », anticipe l'exécutif européen dans sa feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050, présentée en décembre 2011 (EUROPE n° 10517), qui sera discutée par les ministres européens de l'Énergie à la seconde session de travaux du Conseil Énergie informel de Horsens, au Danemark, le 20 avril. La Commission souligne toutefois que les prix de l'électricité sont les moins élevés dans le scénario basé sur des technologies diversifiées et dans celui d'une haute efficacité énergétique. Mais le débat entre États membres favorables ou opposants à l'énergie nucléaire, exacerbé depuis la décision de l'Allemagne de renoncer à l'atome pour sa production d'électricité, au lendemain de la catastrophe de Fukushima au Japon, devrait quelque peu reléguer la question.
La feuille de route 2050 pour l'énergie met en exergue cinq options pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique: un bouquet énergétique incluant le nucléaire, privilégié par la France et le Royaume-Uni, un bouquet énergétique largement axé sur les renouvelables, privilégié par l'Allemagne, un scénario impliquant un fort engagement pour l'efficacité énergétique, un scénario misant sur la technologie de la capture et du stockage du carbone, et un scénario prévoyant une part élevée du nucléaire du fait du retard de développement de la technologie CSC. La Commission se défend de plaider pour des objectifs contraignants pour les renouvelables, et réaffirme la souveraineté des États membres dans le choix du mix énergétique.
La controverse entre États membres partisans et opposants au nucléaire, emmenés respectivement par la France et le Royaume-Uni d'un côté et l'Allemagne de l'autre, a enflé la semaine dernière, avec la rumeur relayée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung d'une requête par écrit de la France, du Royaume-Uni, de la Pologne et de la République tchèque que l'UE subventionne le développement du nucléaire, comme elle le fait pour les énergies renouvelables, éolien et solaire. Une initiative démentie par les intéressés, comme par la Commission et la présidence danoise du Conseil. Le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger avait de son côté fait part de ses réserves quant au financement public d'autres sources d'énergie, comme le nucléaire, précisant que les renouvelables devraient eux aussi progressivement renoncer au financement public. (EH)