Bruxelles, 12/04/2012 (Agence Europe) - Le Conseil de l'UE étudie activement le paquet aéroport proposé par la Commission fin 2011. La révision de l'allocation des créneaux horaires sera de loin le volet le plus controversé dans les prochains mois. Ce sont les Chypriotes qui devront démêler l'écheveau lors de leur présidence, mais les réticences des États membres sont déjà connues. Les États membres ne verraient pas d'un bon œil le relèvement du seuil d'utilisation des créneaux de 80 à 85% pour conserver leur attribution, ni l'augmentation de la longueur des séries de créneaux.
Une approche générale a déjà été dégagée dans le paquet aéroport sur le volet « assistance en escale », lors du Conseil 'Transports' du 22 mars. Il est fort probable qu'une approche générale soit dégagée sur le volet « nuisances sonores » à la fin du mandat de la présidence danoise, à l'occasion du Conseil 'Transports' du 7 juin prochain. Reste le volet des « créneaux horaires » pour lequel une approche générale n'est pas à espérer avant l'automne. L'objectif des Chypriotes est de trouver un consensus sur le sujet à l'issue du Conseil 'Transport' du 26 octobre. Nikolas Lyrakides, attaché chargé des transports au sein de la représentation permanente de Chypre auprès de l'UE, mènera probablement les débats. Il a déjà détaillé les pierres d'achoppement relevées par les États membres dans la proposition de la Commission, lors d'une audition axée sur les créneaux horaires, organisée au Parlement européen par le groupe ADLE, mercredi 11 avril.
À ce stade, les 27 apprécient l'initiative de la Commission visant à repenser l'organisation des décollages et atterrissages des avions afin de maximiser l'usage et la capacité des aéroports ; cependant ils auraient des doutes sur le relèvement du seuil minimal d'utilisation des créneaux horaires de 80 % à 85 % ainsi que sur l'augmentation de la longueur des séries de créneaux, qui doit passer de 5 à 10 pour la saison d'hiver et à 15 pour la saison d'été. Ils ne seraient pas convaincus non plus par l'introduction du concept de réseau d'aéroports.
En ce qui concerne la création d'un second marché d'échange de créneaux, qui autoriserait en définitive une pratique déjà en œuvre dans certains aéroports, les 27 souhaiteraient une approche prudente. Ils mettent plus largement en garde contre une tendance à la 'surrégulation' et à une intervention sans valeur ajoutée de la Commission.
Lors de l'audition, l'industrie aérienne, représentée par l'Association internationale du transport aérien (IATA), a présenté des critiques similaires surtout en ce qui concerne les 85% et l'augmentation des séries. En revanche, les commentaires d'autres acteurs comme les représentants des aéroports, le Conseil des aéroports (ACI Europe), ont été beaucoup plus modérés et généralement favorables aux propositions de la Commission.
L'audition, organisée à l'initiative de Giommaria Uggias (ADLE, italien), rapporteur sur cette législation, avait pour vocation de récolter les points de vue des parties prenantes afin d'éclairer les parlementaires dans leurs débats. Ceux-ci devraient débuter en mai.
À l'opposé du Conseil qui mène les négociations par volet, le Parlement travaillera sur le paquet dans son entièreté, a indiqué Brian Simpson (S&D, britannique), le président de la commission parlementaire en charge du transport et du tourisme. (MD)