Bruxelles, 12/04/2012 (Agence Europe) - Pour 95% des Européens, l'accès à l'énergie est une condition préalable importante pour surmonter la pauvreté dans les pays en développement, et 9 citoyens européens sur 10 souhaitent que l'Union européenne aide les populations des pays en développement à accéder à l'énergie, selon un sondage Eurobaromètre publié jeudi 12 avril. Commandé par la Commission européenne, ses résultats ont été rendus publics à la veille du sommet européen de l'Énergie durable pour tous qui sera accueilli, lundi 16 avril à Bruxelles, par la Commission européenne et la présidence danoise du Conseil, dans le cadre de l'initiative lancée en septembre dernier par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies (EUROPE n° 10592). À cette occasion, José Manuel Barroso devrait annoncer de nouvelles initiatives de l'UE pour redoubler d'efforts.
Si 95% des citoyens interrogés jugent l'accès à l'énergie un facteur important pour l'éradication de la pauvreté (pour 61% c'est « très important » et pour 34% c'est « assez important »), ce score est légèrement inférieur à celui enregistré, dans cette enquête Eurobaromètre, pour l'accès à l'eau potable et l'assainissement (100%), l'alimentation (98%) ou la paix et la sécurité (99%).
Si 90% des citoyens qui ont répondu estiment que l'UE devrait soutenir les efforts des pays en développement pour améliorer l'accès à l'énergie, 48% sont « tout à fait d'accord » avec cette idée, et 42% plutôt d'accord ». 82% des personnes interrogées considèrent que la part consacrée à ce poste dans les dépenses d'aide au développement de l'UE devrait être plus élevée qu'elle ne l'est actuellement (2%), et elles sont 77% à penser que la principale source d'énergie du futur pour les pays en développement devrait être l'énergie renouvelable (éolienne, hydroélectrique et solaire). 83% des citoyens interrogés pensent que l'UE aurait à gagner à soutenir les efforts des pays en développement, que ce soit en termes de commerce ou de création d'emplois. La majorité des sondés pensent qu'être privé d'accès à l'énergie est le problème le plus grave dans la vie des populations quand il s'agit de cuisiner et de conserver les aliments (58%) et quand il s'agit d'avoir accès aux soins de santé (52%).
Les résultats de ce sondage réjouissent le commissaire au Développement Andris Piebalgs. « L'énergie est essentielle pour la santé, l'éducation, l'alimentation et tous les autres besoins vitaux. Investir dans l'accès à l'énergie propre dans les pays en développement contribuera à atteindre le double objectif de la croissance durable et inclusive, et de l'atténuation du changement climatique », souligne-t-il dans un communiqué. L'organisation de ce sommet qui vise à accélérer les progrès pour garantir aux populations des pays en développement l'accès universel à l'énergie à l'horizon 2030 repose sur un constat alarmant: plus d' 1 milliard de personnes en Europe et en Afrique n'ont pas accès à l'électricité. « Le groupe de haut niveau de l'ONU que préside Ban Ki-moon vise à mobiliser l'ensemble des acteurs y compris le secteur privé et la société civile. Ce sommet permettra de lancer cette nouvelle initiative en Europe en présence de Ban Ki-moon, des ministres du développement de l'UE et des ministres qui veulent s'y rallier pour accélérer l'accès à l'énergie des pays partenaires où 80% de la population en sont privés », a expliqué à la presse Klaus Rudischhauser, directeur de la DG Qualité et impact du développement et de la coopération à EUROPAID.
Et si 2012 a été érigée en année internationale de l'énergie durable pour tous, c'est qu'aujourd'hui, dans le monde, une personne sur cinq n'a pas accès à des sources d'énergie modernes, et que 2,7 milliards de personnes dépendent de la biomasse traditionnelle, comme le bois, pour cuisiner, pour se chauffer, avec pour résultat la déforestation et la mise en danger de la santé humaine. Cuisiner au bois, provoque par an entre 1,5 et 2 millions de décès par maladies respiratoires. Dans son agenda pour le changement, adopté en septembre dernier, la Commission européenne a, quant à elle, placé l'énergie parmi les priorités de la politique de développement car l'énergie est un moteur pour l'éducation des enfants, la santé humaine, la croissance durable. « Il y a concordance d'intérêts entre l'initiative de l'ONU et notre politique de développement. Nous devons aussi poursuivre les efforts pour accroître l'accès à l'énergie renouvelable, et l'efficacité énergétique dans les pays industrialisés. Ces objectifs sont poursuivis en parallèle », a ajouté M. Rudischhauser.
L'UE qui est le plus grand bailleur de fonds pour fournir l'accès à l'énergie aux pays en développement a dépensé pour cela 10 milliards d'euros entre 2003 et 2011, dont la moitié pour promouvoir les énergies renouvelables.
L'initiative Énergie durable pour tous sera débattue lors du sommet de l'énergie propre qui réunira les ministres de l'Énergie des pays industrialisés, et constituera également l'un des sujets principaux au sommet de l'ONU sur le développement durable Rio +20 (Rio de Janeiro, 20-22 juin). Le sondage Eurobaromètre a été réalisé par téléphone entre le 19 et le 21 mars auprès de 13 528 personnes de plus de 15 ans choisies au hasard dans les 27 États membres de l'UE. (AN)