Bruxelles, 12/04/2012 (Agence Europe) - Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, s'est prononcé jeudi 12 avril à Bruxelles pour une politique « volontariste et communautaire » en faveur des jeunes agriculteurs, lors d'une conférence au Parlement européen organisée par le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA). Il a défendu aussi sa proposition sur un régime d'aide obligatoire en faveur des jeunes exploitants.
Il a rappelé qu'il avait voulu mettre la dimension 'jeunes agriculteurs' au cœur de la réforme de la politique agricole commune (PAC) pour l'après 2013. « Si l'agriculture ne donne pas de perspectives d'avenir aux jeunes agriculteurs, alors, on peut se demander ce que sera l'avenir de l'agriculture européenne », a-t-il reconnu. La reprise d'une exploitation est une période particulièrement difficile. Non seulement cela demande une expertise technique de plus en plus élevée de la part de ceux qui s'installent. Mais, en plus, cela nécessite une capacité de financement très importante. « Cette capacité d'investissement est clairement un facteur limitatif pour beaucoup de jeunes, en particulier dans les zones où l'accès à la terre est de plus en plus difficile », a expliqué Dacian Ciolos. Malgré les outils disponibles au titre de la PAC, « nous avons perdu près de 3 millions d'agriculteurs pendant la dernière décennie ».
Il est donc important de passer à la vitesse supérieure et de mettre en place, au niveau européen, une vraie politique volontariste de soutien à l'arrivée de nouveaux venus dans le secteur agricole, soit pour créer une nouvelle entreprise, soit pour reprendre des entreprises, des exploitations agricoles, qui voient leur propriétaire partir à la retraite.
Pour cela, la Commission suggère d'apporter un appui financier, avec une prime d'installation, et de faciliter l'accès aux crédits auprès des banques. M. Ciolos a proposé que les États membres puissent mettre en place, dans le cadre de leur programme de développement rural, un sous-programme spécifique pour les jeunes agriculteurs. Cela permettra, par exemple, d'augmenter l'intensité des soutiens, du niveau de cofinancement, spécifiquement pour les mesures jeunes, pour soutenir les jeunes qui investissent, pour soutenir également la formation des jeunes.
En plus de ce renforcement des mesures jeunes au sein des programmes de développement rural, la Commission propose que dans les premières années après l'installation, il y ait une hausse des paiements directs pendant les cinq premières années d'activité pour les jeunes agriculteurs qui s'installent et qui le demandent. « J'entends dire parfois que cette mesure devrait être uniquement volontaire pour les États membres. Mais l'objectif politique de cette mesure serait fortement affaibli si elle n'était pas obligatoire pour l'ensemble des États membres », a dit le commissaire, en référence aux déclarations de plusieurs pays de l'UE demandant que cette aide aux jeunes agriculteurs dans le premier pilier de la PAC (aides directes et dépenses de marché) soit facultative. Et le commissaire de marteler: « Tous les jeunes doivent être en mesure de pouvoir bénéficier de ces mesures spécifiques, partout en Europe. Rendre cette aide optionnelle serait, d'une certaine manière, accepter qu'il y ait des discriminations entre les jeunes agriculteurs, selon des critères de nationalité, selon qu'ils sont installés ici ou là en Europe ». Si la politique agricole reste commune, alors la politique d'appui à l'installation des jeunes en agriculture doit aussi être commune, résume M. Ciolos.
Les autres mesures de la future PAC (organisation, gestion des crises, meilleure promotion des produits, recherche et innovation) vont, « je l'espère, encourager les jeunes à s'investir dans le secteur agricole », a conclu M. Ciolos. (LC)