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Bulletin Quotidien Europe N° 10593
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

La Turquie menace de faire appel à l'OTAN pour protéger ses frontières

Bruxelles, 12/04/2012 (Agence Europe) - Avec la dégradation des conditions de sécurité à la frontière entre la Turquie et la Syrie, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, jeudi 12 avril, qu'il envisageait de demander le soutien de l'OTAN. Parmi toutes les options envisageables, il y a celle d'invoquer l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, dans le cas où les forces du régime de Bachar al-Assad continueraient à ne pas respecter les frontières turques, a-t-il dit. L'article en question stipule qu'une attaque contre un des membres de l'OTAN « sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties » qui pourront alors recourir à la force, en vertu du principe de la légitime défense.

Depuis le début de la crise syrienne, le rôle que pourrait y jouer l'Alliance atlantique a toujours été un sujet tabou. Interrogé sur cette question à maintes reprises, le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen a toujours assuré que « l'OTAN n'a aucune intention d'intervenir en Syrie ». Si une opération militaire pour soutenir les fiefs rebelles aux autorités de Damas, à l'image de l'intervention en Libye en 2011, semble exclue, M. Rasmussen a néanmoins souligné, lundi 2 avril, que « nous surveillons la situation de près, puisque l'un de nos alliés est un voisin de la Syrie et peut également être touché par ce qui s'y passe ».

Selon plusieurs sources, l'armée syrienne a une nouvelle fois ouvert le feu, jeudi 12 avril, en direction du territoire turc et ce malgré l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, conformément à l'ultimatum fixé par le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Ces tirs visaient à intimider et à empêcher l'afflux massif de réfugiés syriens qui fuient des combats qui perdurent maintenant depuis un an et ont fait quelques 10 000 morts, selon les dernières estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). À ce jour, la Turquie a accueilli près de 25 000 Syriens.

La cessation des hostilités en Syrie semble être respectée, a déclaré jeudi le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan dans un communiqué rendu public aux Nations unies à New York. La Syrie connaît apparemment un moment rare de calme sur le terrain, a estimé M. Annan, ajoutant que ce calme devait être maintenu.

Prévue depuis de nombreuses semaines, la plus haute instance de l'OTAN, le Conseil de l'Atlantique Nord, doit se réunir, en format des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, mercredi 18 et jeudi 19 avril. Si des incidents similaires se répètent, M. Erdogan pourrait charger ses ministres, qui se rendront au siège de l'OTAN à Bruxelles, d'inviter les autres États membres de l'Alliance à se pencher sur les différentes options pour assurer la sécurité des frontières turques.

D'après des témoignages de miliciens syriens, le cessez-le-feu semble être en partie respecté, même si les troupes fidèles au président al-Assad restent stationnées dans la plupart des villes. Ils évoquent ainsi un « calme précaire », signe que la méfiance envers le président Bachar al-Assad reste de mise. À l'heure où nous mettons sous presse, l'opposition a dénombré trois morts parmi la population civile et fait état de nombreuses arrestations dans les heures qui ont suivi le début du cessez-le-feu, alors que les autorités syriennes évoquent un « attentat terroriste » qui aurait coûté la vie à un officier et fait 28 blessés. (JK)

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