Bruxelles, 10/04/2012 (Agence Europe) - Alors qu'un amendement à la loi d'amnistie a été voté samedi 7 avril par le Parlement du Surinam pour assurer l'immunité au président Desi Bouterse, l'Union européenne « prend note » de ce vote que les Pays-Bas, ancienne puissance coloniale, ont condamné avec la plus grande vigueur.
Au nom de la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton, son porte-parole a précisé dans un communiqué que: « Cet amendement aura un impact important sur les procès en cours concernant les violations des droits de l'Homme commis dans les années 80, y compris l'assassinat d'opposants politiques le 8 décembre 1982. Il est important que tous les Surinamais - autorités publiques comme citoyens - quelle que soit leur appartenance politique se rassemblent et travaillent à la consolidation du processus de réconciliation dans le pays. La réconciliation et la justice vont de pair et devraient être garantis dans le cadre des principes de base de séparation des pouvoirs et du respect des engagements internationaux du Surinam ». Uri Rosenthal, le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, n'a pas mâché ses mots. « Quand un président suspecté de meurtre par la justice pousse, avec l'appui de son parti, une loi qui lui sert de bouclier contre les poursuites, il abuse les victimes, commet une obstruction à la justice et pervertit l'État de droit », a t-t-il déclaré. (AN)