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Bulletin Quotidien Europe N° 10591
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) espagne

La Commission attend de nouvelles données budgétaires

Bruxelles, 10/04/2012 (Agence Europe) - Pour finaliser l'analyse du projet de budget 2012 espagnol, la Commission européenne a besoin de données supplémentaires, notamment sur les prévisions des dépenses au niveau régional, alors que les taux fixés à la dette souveraine à long terme se rapprochent de la zone dangereuse. Les services du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn sont « toujours en train » d'analyser ce projet de budget, a indiqué mardi 10 avril un porte-parole de l'institution européenne. Il a qualifié de « positifs » les éléments reçus qui vont de pair avec les réformes structurelles menées telles que la flexibilisation du marché du travail, tout en rappelant que le projet présenté ne concerne que le gouvernement central. « Ce que nous attendons, c'est le budget des régions » ainsi que le budget « des systèmes sociaux », a-t-il ajouté. L'Espagne, comme tous les pays de l'Union européenne, a jusqu'à la fin avril pour transmettre simultanément à la Commission son programme de stabilité et de croissance ainsi que son programme de réformes économiques, dans le cadre du processus intitulé 'Semestre européen'.

Santé et éducation, 10 milliards d'euros d'économies additionnelles

Lundi, le gouvernement espagnol a créé la surprise en annonçant 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires dans les secteurs de la santé et de l'éducation, principalement, semble-t-il, sous forme de rationalisation des dépenses. Ces économies toucheront presque exclusivement les Communautés autonomes espagnoles dans la mesure où la santé et l'éducation représentent 80% des budgets régionaux. Après avoir adopté une loi sur le contrôle des dépenses régionales par l'échelon central, le gouvernement Rajoy exige que le déficit des communautés espagnoles ne dépasse pas 1,5% en 2012. Ce sont principalement les dépenses régionales qui expliquent le dérapage budgétaire espagnol en 2011, qui avoisine 8,5% du PIB au lieu de l'objectif de 6% fixé par le précédent gouvernement socialiste. Le porte-parole de la Commission a accueilli « favorablement » ces nouvelles mesures d'économies qui aideront à « ramener le pays sur la bonne voie ». Tout en nuançant: « Pour stimuler la croissance, il faut maintenir un certain niveau d'investissement. Ce que nous disons aussi, c'est que la qualité importe plus que les volumes ». Prenant l'exemple de la Grèce, il a estimé possible des économies en matière de dépenses de santé lorsque les systèmes de remboursement des soins coûtent beaucoup trop cher lorsqu'ils sont basés sur une grille de prix inadéquate.

Quelques jours après une levée d'obligations ratée, les taux de la dette espagnole à 10 ans se tendaient davantage mardi, flirtant avec les 6%, un niveau rappelant les moments forts de la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone. Touchés par ce nouvel accès de fièvre dans un contexte de récession économique, les taux italiens étaient sur la pente ascendante tandis que l'écart entre les taux allemands et français recommençait à se creuser. Cette situation fait craindre la fin de la période d'accalmie sur les marchés observée depuis début 2012 après l'injection massive de près de 1000 milliards d'euros de liquidités par la BCE. Une période dont a su profiter l'Espagne en procédant à près de 50% de ses émissions obligataires pour 2012.

« Les turbulences de la prime de risque ne doivent pas nous faire perdre du vue le cap à moyen terme », a déclaré le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos, rapporte le quotidien El País. Convaincu que l'Espagne n'aura pas besoin d'une aide financière, il a vanté l'action du gouvernement sur les plans budgétaires et macro-économiques. Celui-ci a notamment annoncé l'accélération de la cession des institutions financières nationalisées après l'éclatement de la bulle immobilière (ex: Banco de Valencia, Catalunya Caixa). Le projet de budget espagnol vise à ramener le déficit excessif de 8,5% à 5,3% du PIB national à travers des économies additionnelles évaluées à 27 milliards d'euros (EUROPE n°10587). En fin de semaine dernière, M. De Guindos avait qualifié de « non sens » le parallèle entre l'Espagne et la Grèce établi par le président français Nicolas Sarkozy qui fait campagne pour sa réélection. (MB)

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