Bruxelles, 10/04/2012 (Agence Europe) - Rien n'est encore réglé au Mali désormais coupé en deux depuis que le Nord du pays est tombé aux mains des rebelles touaregs et de groupes islamistes armés, mais l'UE salue la perspective d'un retour du pays à l'ordre constitutionnel, les auteurs du coup d'État militaire du 22 mars ayant signé, le 6 avril, sous l'égide de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) un accord en vertu duquel le président de l'Assemblée nationale assurera l'intérim en cas de vacance du pouvoir. La démission officielle du président malien Amadou Toumani Touré, présentée dimanche 8 avril, ouvre la voie au départ de la junte qui l'avait renversé et à la nomination d'un président par intérim qui formera un gouvernement d'union nationale de transition chargé d'organiser de nouvelles élections.
Samedi 7 avril, Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, avait appelé le président ivoirien Alassane Ouattara, qui préside la CEDEAO, pour le féliciter de l'accord signé la veille au soir en vue d'un retour à l'ordre constitutionnel au Mali.
« Catherine Ashton a exprimé le plein soutien de l'Union européenne aux efforts de la CEDEAO pour résoudre pacifiquement la crise politique au Mali. L'UE a un intérêt vital à la sécurité, la stabilité et le développement de toute la région du Sahel, tout particulièrement à l'heure où de graves pénuries alimentaires affectent des millions de personnes dans la région. L'UE a donc salué et soutenu le fort leadership de la CEDEAO dans le règlement de cette crise, et en particulier le message clair adressé aux rebelles du Nord, à savoir que l'indépendance n'est pas une option. Une solution doit être trouvée par la négociation », précisait un communiqué publié samedi par le porte-parole de Mme Ashton. Le président ivoirien Alassane Ouattara a informé la Haute représentante de l'UE des prochaines étapes du processus de transition et des préparatifs en vue d'une force conjointe CEDEAO-Union africaine-Nations unies pour soutenir le gouvernement de transition au Mali. Selon l'accord signé par les putschistes, les nouvelles élections au Mali devraient avoir lieu dans les 40 jours mais ce délai sera sans doute prolongé en raison de l'insurrection dans le Nord. Rappelons qu'à la suite du coup d'État militaire, unanimement condamné, l'UE a suspendu sa coopération avec le Mali (EUROPE n° 10583 et 10582). (AN)