Bruxelles, 10/04/2012 (Agence Europe) - La situation qui prévaut au Mali préfigure, pour tous les pays de la région - Maghreb et Afrique de l'Ouest -, une menace sérieuse pesant sur tous et la réponse doit être commune ; telle est la principale conclusion affichée lors des premiers débats entamés le 9 avril à Alger sous l'égide du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) et qui devraient durer trois jours.
Pour l'ambassadeur mozambicain Francisco Caetano Jose Madeira, qui préside le CAERT, « la bande du Sahel est assise, à la lumière de ce qui s'est passé en Libye et ce qui se passe au Mali, sur une véritable poudrière ». Un conseiller du président algérien a abondé dans le même sens en ne « cachant pas ses craintes de voir la sous-région du Sahel développer des tensions majeures. La situation qui prévaut à nos frontières constitue un facteur de tension pouvant engendrer des implications dans la région du Sahel », a déclaré Kamel Rezzag Bara. Les débats ont montré la nécessité, pour les pays de la région, de « contrôler mieux les frontières communes pour empêcher tout transit d'armes vers le Sahel » et au-delà en appelant au renforcement des relations avec la Libye, la Tunisie, l'Égypte et le Soudan.
Le séminaire dont le thème est 'radicalisation et déradicalisation: expériences et perspectives', devait permettre d'amorcer une réplique concertée non seulement au terrorisme mais aussi au contexte dans lequel il tendrait à se développer. Pour le directeur du CAERT, selon les médias algériens, « les réalités dont ont profité les terroristes dans la région sont les conflits armés, la corruption, le chagrin, l'exclusion et les formes problématiques de gouvernance. Et c'est là que des populations entières ou individus tombent dans la radicalisation. L'individu est pris par une frustration, ses perceptions évoluent et se cristallisent », pour devenir un élément de l'AQMI ou autre organisation terroriste qui trouve, dans ces réalités, un terreau inespéré. C'est pour cette raison que le CAERT et l'UFL ont organisé ce séminaire pour sauver les populations de la radicalisation et couper l'herbe sous les pieds aux organisations terroristes qui utilisent cette détresse, explique-t-il.
L'UFL, Unité de fusion et de liaison, est un organisme de coopération entre services de sécurité, créé en 2010 et basé à Alger. Sa tâche est principalement dans la centralisation et le traitement des renseignements reçus des services membres dans le but d'élaborer et de diffuser des renseignements fiables aux forces engagées sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, le trafic d'armes et de drogue. L'unité de fusion et de liaison (UFL) s'est donné également comme mission, à travers une stratégie de communication, d'informer l'opinion publique sur les dangers du fanatisme, en contrant le discours propagandiste des terroristes et de tenter d'éviter l'enrôlement de nouvelles recrues dans les rangs de l'AQMI, en particulier. La présence de plusieurs membres de l'UFL était constatée à l'ouverture du séminaire.
Le conseiller du président algérien a affirmé que « l'Algérie a compris, depuis longtemps, que la lutte contre le terrorisme passe aussi par une stratégie de restauration de l'État de droit, la concorde civile, la réconciliation nationale et les plans de développement ». Il a fait, observent les médias, le parallèle entre le terrorisme islamiste et le racisme de l'extrême droite dans certains pays occidentaux.
L'Union africaine (UA) et les Nations unies (ONU) ont organisé, les 14 et 15 mars à Addis-Abeba, une réunion d'experts des pays de la région du Sahel, après la prolifération d'armes libyennes. (FB)