Bruxelles, 04/04/2012 (Agence Europe) - Les compagnies à bas coûts critiquent le paquet aéroportuaire, dont les propositions surréglementeraient le secteur aérien au lieu de laisser le marché s'auto réguler.
Le paquet législatif que la Commission a proposé à la fin de l'année passée révise trois législations européennes (créneau horaire, assistance en escale, nuisance sonore). Alors que des pans de celui-ci sont négociés au Conseil, et prochainement au Parlement, l'association des compagnies européennes à bas prix (ELFAA) monte au créneau pour indiquer aux législateurs européens, là où le bât blesse, et surtout défendre les vertus de la concurrence pour améliorer le marché de l'aviation.
Créneaux: pas d'enchères, plus de use it or lose it. L'ELFAA revient sur les propositions de la Commission relatives aux créneaux de décollage et d'atterrissage qui s'appliquent à chaque vol. Les compagnies aériennes à bas prix se réjouissent que la Commission propose de légitimer le marché secondaire d'échange de créneaux entre les transporteurs (déjà appliqué de manière informelle au Royaume-Uni), mais refusent de se soumettre au jeu de la transparence. La valeur d'un créneau sur le marché secondaire devrait rester confidentiel, demandent les low costs. Ces compagnies s'opposent aussi à ce qu'à terme la mobilité des créneaux horaires puisse évoluer vers un système de vente aux enchères, qui à leurs yeux apporterait trop d'incertitude. Ce mécanisme n'est pas prévu dans les propositions actuelles, mais la Commission n'y ferme pas totalement la porte. Enfin, le relèvement de 80 à 85 % du seuil d'exploitation des créneaux pour en conserver l'usage ne chagrine pas trop les compagnies à bas coûts, qui souscrivent pleinement à la règle du « créneau utilisé ou créneau perdu ». Mais elles ne voient pas d'un bon œil que la Commission puisse à tout moment suspendre cette règle (cela a déjà été fait en 2009) car cela privilégierait les compagnies traditionnelles nationales, affirme l'ELFAA.
Prestataires: plus de compétition, moins de social. Quant au service d'assistance en escale, tel que le maniement des bagages ou le ravitaillement en carburant, l'ELFAA apprécie que la Commission stimule la concurrence, en faisant passer à trois le nombre de prestataires de service en concurrence dans les aéroports de plus de 5 millions de voyageurs. Mais l'association des low cost souhaiterait que ce nombre minimum soit augmenté de façon plus ambitieuse. L'ELFAA regrette en revanche que l'allongement des licences de 7 à 10 ans puisse être contre-productif, en allant à l'encontre de la concurrence, et en pénalisant les nouveaux entrants. En vertu de la législation sociale, les compagnies à bas prix ne comprennent pas la volonté de la Commission de protéger davantage les employés dans les services d'assistance en escale (compte tenu de la rotation des licences des prestataires, les employés sont plus exposés à une insécurité d'emploi). L'ELFAA souhaiterait que le traitement de faveur du staff n'apparaisse plus dans le règlement final. Cette proposition de législation devrait être donc être biffée, à l'instar de celle sur le recours à des sous-traitants, selon les compagnies à bas coûts. Elles estiment que le marché en la matière s'organise parfaitement actuellement.
En un mot, les compagnies low cost demandent aux législateurs européens de les laisser s'organiser à leur guise. (MD)