Bruxelles, 13/03/2012 (Agence Europe) - La position de l'UE pour la conférence onusienne sur le développement durable RIO+20 (Rio de Janeiro, 20-22 juin) est désormais formalisée. Les conclusions unanimes adoptées le 9 mars par les ministres de l'Environnement des 27 confirment l'engagement de l'UE à contribuer au succès de cette conférence anniversaire du Sommet Planète Terre de 1992 et étoffent les orientations politiques données par le Conseil européen le 2 mars dernier (EUROPE n° 10566). Les 27 attendent de ce rendez-vous international qu'il débouche sur une feuille de route pour une économie verte, assortie d'objectifs précis et d'actions concrètes à atteindre dans le délai imparti par un calendrier, et un renforcement du mandat du programme des Nations unies pour l'environnement érigé en agence mondiale de l'environnement.
« J'ai désormais un mandat clair. Conformément à la demande des chefs d'États et de gouvernement, nous sommes convenus de cinq domaines prioritaires pour des objectifs opérationnels et des actions concrètes: l'énergie durable, l'eau, la gestion durable des sols et les écosystèmes ; les océans, l'efficacité des ressources, avec un accent particulier sur les déchets. Nous sommes convaincus que ces domaines sont cruciaux pour mettre en place une économie verte et inclusive offrant des opportunités de croissance économique verte, d'éradication de la pauvreté et de protection de l'environnement au bénéfice de tous », s'est réjoui Janez Potocnik le commissaire européen à l'Environnement.
À trois mois de la conférence, le Conseil invite la Commission européenne à présenter d'urgence des propositions pour des objectifs opérationnels et des actions concrètes dans ces domaines.
Conscients que le changement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation des sols et les pénuries d'eau constituent de graves menaces pour les sociétés humaines, les écosystèmes, la paix et la stabilité, les 27 souhaitent que RIO +20 tire parti des résultats d'autres négociations multilatérales capitales comme celles de Durban sur le climat, celle de Nagoya sur la biodiversité et celles de Changwon sur la désertification, et promeuve les synergies entre ces négociations séparées mais convergentes dans leur finalité.
Le Conseil appelle à l'adoption d'un cadre décennal pour les programmes de consommation et de production durables élaborés par la commission du développement durable (CSD).
Il affirme l'engagement de l'UE à négocier avec les partenaires internationaux pour garantir un résultat ambitieux, ciblé sur l'action pour les questions concernant l'alimentation et la nutrition, l'agriculture, la pêche et la foresterie durables, les villes durables, les produits chimiques durables et pour tous les domaines liés à la gestion durable et la restauration des ressources naturelles.
Le Conseil appelle de ses vœux une architecture institutionnelle qui puisse mettre en place une gouvernance globale forte du développement durable et remédier ainsi aux lacunes du système en place en fournissant le leadership politique, et en assurant la cohérence et la coordination, une interface scientifique, l'efficacité dans la mise en œuvre, le contrôle des progrès, la transparence, et une participation plus large des grands groupes et des acteurs non étatiques. Le programme des Nations unies pour l'Environnement devra acquérir le statut d'agence spécialisée de l'environnement sur le même pied que toutes les autres agences spécialisées de l'ONU. Les 27 souhaitent que RIO +20 décide du processus de réforme et fixe un calendrier pour la mener à bien. (AN)