login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10573
Sommaire Publication complète Par article 10 / 36
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) conseil europÉen

Les députés sceptiques face aux résultats

Bruxelles, 13/03/2011 (Agence Europe) - Le débat qui s'est tenu au Parlement européen, lors de la séance plénière à Strasbourg, mardi 13 mars, autour des conclusions du dernier Conseil européen (1er et 2 mars), a été principalement axé sur deux points intrinsèquement liés, qui ont été évoqués, en guise d'introduction à la discussion, par le président du Conseil Herman Van Rompuy: il n'y pas de contradiction entre austérité budgétaire et relance de la croissance économique, et l'UE est arrivée à passer le point critique de la crise, car « notre stratégie commence à fonctionner ».

Le président du groupe PPE Joseph Daul (français) a ainsi souligné qu'autant le redressement des finances publiques « ne peut plus attendre », autant c'est seulement à travers la véritable mise en œuvre des conclusions du Conseil, dont le point central a été la signature par 25 États membres « les plus clairvoyants », du pacte budgétaire, que l'UE fera la preuve qu'elle a tiré les leçons de l'Histoire. Si ce point marque un certain progrès, l'attention portée par le Conseil à la croissance et à la création d'emplois n'a pas connu « de réelles avancées depuis le début de la crise ». Pour contribuer à y remédier, M. Daul a déclaré que le groupe PPE transmettrait prochainement une lettre publique au Conseil et à la Commission européenne, appelant à la consolidation du marché intérieur, à travers diverses propositions législatives, qui seront couplées à un calendrier précis. Et, demandant d'autre part « la sanctuarisation » d'une partie du budget européen aux investissements pour favoriser directement la croissance économique.

« On ne pourra pas s'en sortir, si on ne soutient pas la demande, si on ne soutient pas les plus faibles sur le plan social », a déclaré le leader du groupe S&D Hannes Swoboda (autrichien), en soulignant ainsi que « nous sommes sur la mauvaise voie » pour sortir de la crise. À travers les exemples de la situation en Grèce et en Espagne, M. Swoboda a ainsi convenu que la politique actuelle de l'UE va à l'encontre d'objectifs de croissance. Même si le Conseil a réagi par rapport au chômage grandissant des jeunes, c'est avec un trop grand retard et en n'impliquant pas suffisamment les outils européens existants pour y faire face. L'évasion fiscale et l'inégalité dans les systèmes d'imposition sont les quelques facteurs qui font percevoir la réponse européenne à la crise comme étant socialement injuste, a-t-il conclu.

Où se trouve-t-on par rapport à la crise ? Sommes-nous vraiment arrivés à un tournant ? Ces questions ont été posées par le député belge Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE. Le pacte budgétaire, les mesures nationales d'austérité et la fusion du futur Mécanisme européen de stabilité (MES) avec le reste des capacités d'action du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne sont ni des réponses adéquates à la crise, ni une riposte suffisante aux problèmes structurels de l'UE, a-t-il estimé. L'apaisement actuel a été « acheté » par l'injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne. C'est seulement à travers une mutualisation partielle des dettes que l'UE peut espérer trouver une solution durable à la crise.

Pour le Français Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe des Verts/ALE, une règle d'or sur les budgets ne peut être accompagnée que par deux autres règles de nature similaire: une sociale et une environnementale. La seule austérité budgétaire « étrangle les populations », sans leur donner de perspective. Si l'UE a été capable de mettre autant de moyens financiers pour sauver le secteur bancaire, pourquoi des moyens équivalents ne sont-ils pas déployés pour aider les États membres en difficulté, s'est-il interrogé. Tout comme M. Daul, il a appelé à consacrer plus de moyens financiers pour aider les États.

Par la voie de son président Martin Callanan, le groupe ECR a estimé que le dernier Conseil « a gaspillé beaucoup d'énergie sur un traité qui ne fera aucune différence pratique quant aux principes fondamentaux, alors qu'en même temps il a pris des décisions qui condamnent le peuple grec à une génération de la pauvreté ». Quant au groupe GUE/NGL, celui-ci a jugé qu'il s'agissait d'un véritable chantage que de conditionner l'accès au Mécanisme européen de stabilité (MES) à la signature du pacte budgétaire. « Le gouvernement irlandais a-t-il soulevé une objection à la création d'un bâton qui est simplement là pour frapper les Irlandais, pour essayer de nous faire voter une austérité permanente ? », a demandé Paul Murphy (Irlande).

En répondant aux députés, le président de la Commission José Manuel Barroso a souhaité souligner que la responsabilité incombe aux États membres, tant pour la crise, qu'aux solutions aujourd'hui proposées - ce qui est une condition sine qua non pour avoir un débat qui soit « politiquement et intellectuellement honnête ». Un exemple parmi d'autres, les États qui appellent à une relance de la croissance bloquent en même temps des dossiers aussi cruciaux, que celui du brevet communautaire. Et si certains reprochent l'absence de solidarité, M. Barroso a déclaré que « leurs gouvernements n'ont pas dépensé un seul euro, une seule livre sterling pour aider la Grèce », tout comme il n'y avait point de questions sociales dans la lettre des 12. Et à M. Van Rompuy de reprocher ensuite aux députés de n'avoir pas évoqué une seule fois le semestre européen, un point pourtant central du dernier sommet. Quant à la politique actuellement menée, « c'est la voie qu'on a choisie et on restera cohérent avec cette voie », a-t-il dit, en soulignant que les réformes structurelles sont surtout nécessaires à l'échelle des États membres et non de l'UE. (JK)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - CULTURE
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE