Bruxelles, 12/01/2012 (Agence Europe) - Dans ses prévisions pour les marchés agricoles 2011-2020, dévoilées jeudi 12 janvier, la Commission européenne explique qu'il y aura d'ici 2020 une hausse de l'utilisation des céréales dans l'UE, surtout en raison de la demande en hausse de la part de l'industrie du bioéthanol (et de la biomasse). Le rapport décrit aussi une perte de vitesse de la production bovine et ovine, mais un gain s'agissant de la viande de porc et de volaille.
La croissance de l'utilisation de l'éthanol devrait tripler au cours de la prochaine décennie pour atteindre 30 millions de tonnes d'ici à 2020, selon le rapport de la Commission sur les perspectives pour les marchés agricoles dans l'UE sur la période 2011-2020. La demande en hausse d'éthanol se répercute sur le blé tendre et surtout le maïs, dont la production passerait de 60 millions environ en 2009 à 70 millions de tonnes en 2020, dont 10 millions pour le bioéthanol.
Le rapport montre que les perspectives pour le marché européen des céréales sont surtout entraînées par la demande en biocarburants. Les prix des céréales devraient continuer à rester élevés, la croissance du rendement dans l'UE est plus bas que dans la plupart des régions compétitives, et le maïs et le blé tendre continuent de gagner de la place sur les autres céréales (par exemple la production de maïs va dépasser celle de l'orge). La production européenne de maïs est prévue en forte hausse, mais l'UE continuera à importer beaucoup de maïs. Tassos Haniotis, un directeur à la DG Agriculture de la Commission européenne, a souligné jeudi qu'il devrait y avoir moins de volatilité des prix à l'avenir pour le maïs, le blé tendre et l'orge.
Le marché des oléagineux devrait continuer à croître, mais à un rythme plus lent.
La Commission table aussi sur une hausse de la production de betterave à sucre, en raison aussi des biocarburants. Et la Commission note par ailleurs que s'agissant du sucre de consommation, l'isoglucose devrait progressivement remplacer la betterave à sucre, en raison de l'expiration des quotas de sucre en 2015.
S'agissant du marché de la viande, les perspectives sont relativement favorables pour le porc et la volaille, alors que la production de viande bovine et ovine devrait continuer à décliner d'ici à 2020. La production de viande bovine et de veau devrait baisser de 1% entre 2010 et 2020 et celle de moutons de 8%. La production de viande porc devrait augmenter de 4% entre 2010 et 2020 et celle de volailles de 4%. La Commission note que l'UE devrait être pour la première fois en 2020 exportatrices nette de viande de porc et de volaille.
Pour ce qui est du marché du lait et des produits laitiers, la production de lait devrait augmenter doucement jusque 2015 (+7% entre 2009 et 2020). Les perspectives sont assez positives pour le fromage et les produits laitiers frais (production en hausse de 6% entre 2009 et 2020). « Il faut garder à l'esprit que le secteur du lait est particulièrement sensible aux développements économiques car c'est un secteur qui dépend fortement de ce qui se passe dans le reste du monde », a rappelé M. Haniotis. Il y a un déclin de la part de l'UE dans le marché mondial du lait.
Le rapport donne des indications aussi sur le revenu agricole de l'UE. Il devrait baisser de 3,5% dans les 15 anciens États membres de l'UE, mais augmenter de pratiquement 35% dans les douze pays de l'UE entrés récemment dans l'UE. Reste qu'aujourd'hui, le revenu agricole de l'UE dans son ensemble est de 25% supérieur à ce qu'il était en 2000.
En répondant à des questions de la presse, Tassos Haniotis a précisé que la demande constante des biocarburants génère une certaine hausse des prix alimentaires. Mais selon la Commission, les biocarburants ont un impact sur les prix bien moindre qu'escompté (il y a une stabilisation des prix aux États-Unis). Et la volatilité des prix a augmenté à cause de la financiarisation des marchés agricoles. La situation est relativement stable au sein de l'UE, a-t-il assuré. (LC)