Bruxelles, 12/01/2012 (Agence Europe) - L'Europe ne doit pas se borner à instaurer la discipline budgétaire, mais doit être plus active pour relancer la croissance, particulièrement à un moment où le risque de récession se précise dans l'UE, a déclaré le Premier ministre italien, Mario Monti, devant le Parlement italien, jeudi 12 décembre, faisant le bilan de ses rencontres avec le président Sarkozy et la chancelière Merkel (voir EUROPE n° 10526 et 10529).
L'Italie doit jouer un rôle actif pour reconduire l'Europe sur la voie de la stabilité et de la croissance. Elle compte bien respecter la discipline budgétaire, « pour éviter que l'on n'introduise des critères plus rigides ou des sanctions ultérieures», a indiqué le chef du gouvernement italien. Mais «l'Europe ne se limite pas à la discipline budgétaire et il est très important, sans oublier l'aspect discipline, d'aller au-delà et d'investir davantage d'énergie constructive dans la croissance », qui est elle-même « une condition nécessaire et indispensable » à la discipline budgétaire, a-t-il ajouté. Si l'objectif est de doter l'Union d'un pilier économique plus solide, « il est nécessaire d'équilibrer les normes avec des mesures en faveur de la croissance et de la compétitivité en renforçant l'intégration économique », a indiqué M. Monti, appelant à « faire fructifier tout le potentiel qu'un continent vraiment intégré peut donner pour croître davantage ». « Cela n'a pas encore été fait, ni par les institutions européennes ni par les plus grands pays membres de l'UE », a ajouté le Premier ministre italien.
M. Monti a dit avoir hâte que l'UE se mette d'accord rapidement sur les règles du nouveau pacte budgétaire, qui incluent l'inscription de la « règle d'or » dans les Constitutions des pays adhérents (jusqu'ici, tous sauf le Royaume-Uni). Après, « je n'exclus pas que la Banque centrale européenne, dont l'action est évidemment tout à fait autonome, se sente plus détendue », faisant allusion au refus maintenu jusqu'ici par la BCE d'appliquer des mesures telles qu'un programme d'achat à grande échelle d'obligations souveraines des pays de la zone euro en difficulté.
Devant les députés il a cité ses prochaines rencontres au niveau national avant les rendez-vous européens (l'Eurogroupe, le 23, l'Écofin, le 24, et le sommet européen, anticipé « pour raisons techniques » au 29 janvier): à Rome, dans les prochains jours, avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, à Londres, le 18, pour jouer les médiateurs avec le Premier ministre britannique David Cameron, avant une nouvelle rencontre, le 20, avec la chancelière Merkel et le président Sarkozy. (FG)