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Bulletin Quotidien Europe N° 10530
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) bce

Draghi, signer le Pacte budgétaire fin janvier - statu quo sur les taux

Bruxelles, 12/01/2012 (Agence Europe) - Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a accueilli favorablement, jeudi 12 janvier, les travaux en cours sur le projet de traité visant à renforcer la discipline budgétaire qui devrait, selon lui, être signé dès janvier par les 26 États membres impliqués (EUROPE n°10529). Une signature du pacte « à la fin de janvier plutôt qu'en mars » serait particulièrement bienvenue, a-t-il estimé. En début de semaine, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont appelé à une signature du texte le 1er mars (EUROPE n°100527).

Pour la BCE, « le nouveau pacte budgétaire, qui comprend une reformulation fondamentale des règles budgétaires (…), représente une contribution importante pour assurer la soutenabilité à long terme des finances publiques dans les pays de l'Eurozone ». Ses dispositions doivent être « sans équivoque et efficaces ».

FESF. M. Draghi a appelé à une mise en place urgente des outils permettant d'accroître l'efficacité des fonds européens de sauvetage. Il a d'ailleurs indiqué que la signature d'un accord de partenariat entre l'Institut de Francfort et le Fonds européen de stabilité financière (FESF) était « proche ». « Tous les moyens d'accroître la puissance de feu (des fonds) est la bienvenue », a-t-il aussi ajouté. Les pays de l'Eurozone vont créer un effet de levier qui permettra à l'EFSF de lever jusqu'à 1000 milliards d'euros, notamment par le biais de fonds de co-investissement adossés au FMI. Les Européens accroîtront aussi de 200 milliards d'euros leur dotation au FMI. Cet argent pourrait servir à mettre en place des lignes de crédit pour des pays en difficulté.

Le président de la BCE a constaté que « les progrès très importants en matière de consolidation budgétaire » de certains pays de l'Eurozone en difficulté commencent à produire des effets sur les marchés, notamment en termes de taux d'intérêt appliqués à la dette souveraine. La consolidation budgétaire est « inévitable, nécessaire et essentielle », a-t-il martelé. Elle doit s'accompagner de « réformes structurelles » pour stimuler la compétitivité et flexibiliser les marchés du travail. Sur les opérations visant à octroyer des liquidités illimitées sur trois ans, M. Draghi a considéré que cette mesure permet aux banques de gérer « plus efficacement » leurs liquidités et leurs échéances de remboursement, et in fine de se concentrer sur le financement de l'économie. D'une manière générale, « les banques bénéficiant d'une telle mesure ne sont pas les mêmes que celles qui déposent leurs liquidités » auprès de la BCE, a-t-il estimé. Tout en reconnaissant que le marché interbancaire ne fonctionne pas normalement.

Hongrie. La BCE se dit « très préoccupée » par la situation en Hongrie où le gouvernement de Viktor Orbán tente d'instaurer un contrôle politique sur la banque centrale hongroise. « C'est contraire à l'esprit du traité et à l'indépendance des banques centrales », a souligné M. Draghi.

À l'unanimité, l'institution européenne a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant son principal taux directeur à 1% après l'avoir ramené à ce niveau historique en décembre dernier. Elle estime que l'inflation demeurera au-dessus de 2% pendant « plusieurs mois » mais reviendra ensuite à un niveau qui correspond davantage à sa mission principale, c'est-à-dire une inflation en dessous mais proche de 2%. (MB)

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