Bruxelles, 09/01/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne voit d'un bon œil les déclarations du gouvernement belge selon lesquelles la Belgique se serrera un peu plus la ceinture afin de ramener dès 2012 son déficit budgétaire sous la barre des 3% par rapport au PIB national. La décision de constituer « une réserve budgétaire », qui vient en sus des mesures déjà incluses dans le budget 2012, représente « une information importante que nous prendrons en compte dans notre évaluation », a déclaré lundi 9 janvier le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn.
Le gouvernement du Premier ministre Elio Di Rupo s'oriente davantage vers un gel des dépenses que vers un accroissement des recettes fiscales. « La Commission nous avait laissé le choix: soit des nouvelles mesures tout de suite en un week-end pour 1,2 milliard, ce que nous nous sommes refusés à faire, ou alors geler un certain nombre de dépenses, l'espace de quelques mois, et c'est cette option-là que nous avons choisie », avait déclaré le ministre belge du budget Olivier Chastel, samedi 7 janvier sur RTL-TVI. Lundi, le ministre des Finances Steven Vanackere a abondé dans le même sens à l'antenne de la RTBF. Il convient d'être « très très prudent avec l'instrument des recettes », a-t-il indiqué en estimant qu'il fallait « surtout voir si on est capable encore d'avancer dans le cadre des dépenses ».
La Belgique a pris l'engagement de ramener son déficit public à 2,8% du PIB en mettant en œuvre les mesures prévues dans son budget 2012. Sur le volet 'dépenses', celui-ci prévoit notamment une dégressivité accrue des allocations chômage, une cure d'amaigrissement du secteur public et une réforme du système des pensions sans toutefois toucher au système d'indexation des salaires (EUROPE n°10504). Or, la Commission juge trop optimistes les chiffres communiqués par les autorités belges au regard de ses propres prévisions de croissance économique. Selon elle, le déficit public belge atteindrait 3,25%. D'où sa requête adressée aux autorités belges d'adopter des mesures budgétaires supplémentaires.
Cinq États membres dont trois de la zone euro - Belgique, Chypre, Malte d'un côté et Hongrie et Pologne de l'autre - se sont engagés à revenir sous la barre des 3% en 2012. Le porte-parole de M. Rehn a indiqué que la Commission rendrait ses conclusions dans les prochains jours dans le cadre du volet 'correctif' de la procédure pour déficit excessif. Selon le Pacte de stabilité et de croissance révisé, les pays faisant l'objet d'une procédure s'exposent à des sanctions financières. (MB)