Bruxelles, 09/01/2012 (Agence Europe) - La réponse européenne à la crise de la dette souveraine passe aussi par la relance de la croissance économique. Il faut que les Européens assurent non seulement la survie de la zone euro, avec un pilier budgétaire garantissant « la solidité des finances publiques », mais aussi qu'ils agissent pour rendre « l'Europe plus compétitive » avec un 2ème pilier visant à stimuler « la croissance », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, lundi 9 janvier à l'issue d'une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy. La France et l'Allemagne proposent d'analyser les différentes législations relatives au marché du travail en Europe pour voir quel pays enregistre les plus grands succès, a-t-elle ajouté, en annonçant des propositions communes dans ce domaine en vue du Conseil européen du lundi 30 janvier. « La priorité aujourd'hui, c'est la croissance, l'emploi, la compétitivité de notre continent », a souligné M. Sarkozy. Il a promis des propositions franco-allemandes sur « l'emploi des chômeurs, l'utilisation des fonds européens au service de la compétitivité et la convergence fiscale ».
Au sein de la zone euro, des États membres comme l'Allemagne se retrouvent en pénurie de main- d'œuvre qualifiée alors que d'autres comme l'Espagne font face à un chômage des jeunes dépassant 25%. Fin décembre, la Commission européenne a lancé une initiative sur les perspectives d'emploi des jeunes et elle a invité les États membres à faire un meilleur usage du Fonds social européen (EUROPE n°10520).
Traité budgétaire. Les deux dirigeants ont mis en avant leur analyse commune de la crise de la dette. Mme Merkel s'est réjouie que les négociations sur le traité renforçant la discipline budgétaire avancent de façon convenable, la signature du texte étant prévue pour « début mars ». Il y a une chance réelle de voir inscrite dans les constitutions nationales une 'règle d'or' qui limitera l'endettement public, s'est-elle félicitée. Sur la consolidation des finances publiques, M. Sarkozy a indiqué que le déficit public français pour 2011 serait inférieur de « 4 milliards d'euros » aux engagements pris. Cette année, la France prévoit un déficit de 5,7% par rapport au PIB et elle s'est engagée à revenir sous la barre des 3% en 2013. Paris et Berlin conviennent aussi de la nécessité d'avancer à « juillet 2012 » l'entrée en vigueur du Mécanisme européen de stabilité, notamment en accélérant la capitalisation du fonds de sauvetage permanent.
Le tandem franco-allemand a réitéré que la place de la Grèce était au sein de la zone euro. À condition qu'Athènes tienne ses engagements. En cours de finalisation, le 2ème programme d'aide financière à la Grèce prévoit une participation du secteur privé que le gouvernement grec est en train de négocier d'arrache- pied avec ses créanciers. Des progrès doivent être réalisés rapidement faute de quoi il ne sera pas possible de payer la prochaine tranche d'aide, a prévenu la chancelière allemande.
Italie. À l'instar du président du Conseil européen Herman Van Rompuy (voir autre nouvelle), le gouvernement italien devrait accueillir favorablement les déclarations franco-allemandes sur la compétitivité en Europe. En visite à Paris vendredi dernier, le Premier ministre italien Mario Monti a en effet fait part au président français de la volonté de son pays d'agir dans ce domaine (EUROPE n°10526). La France et l'Italie affichent leur entente sur la façon de résoudre la crise. « Toutes les institutions européennes doivent prendre leurs responsabilités, comme chaque État de la zone euro a été amené à le faire », avait déclaré M. Sarkozy. Il est « essentiel » que les États membres fassent tout pour consolider leurs finances publiques et mettent en œuvre les réformes et que, aussi au niveau de l'UE, toutes les décisions soient prises pour restaurer la confiance des marchés envers l'euro afin que les taux d'intérêt appliqués aux dettes souveraines redescendent « à des niveaux plus cohérents avec les économies réelles », a estimé M. Monti. Un message qui pourrait être adressé à la Banque centrale européenne qui, selon Paris et Rome, pourrait faire plus pour stabiliser la situation. (MB)