Bruxelles, 09/01/2012 (Agence Europe) - Après avoir déjeuné lundi 9 janvier à Copenhague avec le Premier ministre danois Mme Helle Thorning-Schmidt, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a sonné la mobilisation générale contre la récession économique qui menace à nouveau la zone euro. Il a déclaré que l'UE devait mettre en place une 'stratégie anti-récession'. Ce dossier, de même que l'accord sur le nouveau pacte budgétaire, seront au programme de la réunion informelle, lundi 30 janvier, du Conseil européen. Le président Herman Van Rompuy s'est aussi implicitement félicité de la baisse récente du taux de change de l'euro qui pourrait permettre de doper les exportations des pays qui l'utilisent et d'éviter ainsi une récession.
« Nous vivons des temps difficiles en Europe, nous savons que des grandes décisions doivent être prises dans les six prochains mois et nous sommes engagés à travailler en étroite collaboration M. Van Rompuy et moi », a dit Helle Thorning-Schmidt, en ajoutant qu'elle avait discuté avec M. Van Rompuy des trois Conseils européens (30 janvier, 1-2 mars, 28-29 juin) à venir. La situation économique et financière et celle de l'emploi en Europe figurent en haut de l'agenda, a déclaré M. Van Rompuy. La stabilité financière est une préoccupation commune, pas seulement pour les pays de la zone euro, mais aussi pour l'ensemble des pays de l'UE, a-t-il ajouté. Il a préconisé notamment des mesures ambitieuses de consolidation budgétaire dans les pays qui font l'objet d'un programme d'aide et qui subissent les assauts des marchés, et une gouvernance économique plus forte.
M. Van Rompuy a estimé que le « nouveau traité sur le pacte budgétaire », décidé le 9 décembre par le Conseil européen, sera signé d'ici au début du mois de mars. « Nous allons finaliser le texte en janvier et nous allons finir le travail sur les mécanismes anti-crises ».
Les nouveaux outils du FESF (Fonds européen de stabilité financière) seront opérationnels d'ici à la fin de ce mois, dont la Banque centrale européenne (BCE) sera superviseur. Le traité sur le mécanisme européen de stabilité (MES) entrera en vigueur en juillet 2012. Le Conseil européen devra aussi évaluer sans délai (en mars 2012 selon l'accord du 9 décembre) le caractère adéquat de la taille du MES (fixé à 500 milliards d'euros pour le FESF/MES).
Il faudra résoudre la crise de la dette, mais l'un des objectifs importants sera de restaurer la croissance économique, a dit M. Van Rompuy. « Nous devons éviter une récession, nous devons mobiliser toute notre énergie pour cela au niveau de l'UE et, plus important, au niveau des États membres », a déclaré M. Van Rompuy. Le sommet informel du 30 janvier discutera de « notre stratégie anti-récession », a expliqué le président du Conseil européen. Cette stratégie devra être large et efficace. La plupart des économistes s'attendent à ce que l'Union monétaire traverse une phase limitée de récession au cours de l'hiver, définie par au moins deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut (PIB). La question est de savoir si la zone pourra éviter une phase prolongée de récession qui compliquerait sa tâche pour lutter contre la crise de la dette.
M. Van Rompuy a présenté trois principes d'action dans le cadre de cette stratégie anti-récession: - 1) éviter, dans la mesure du possible, que les coupes budgétaires n'affectent les moteurs de la croissance. La consolidation budgétaire est nécessaire, mais ne doit pas affecter la croissance économique structurelle, a mis en garde M. Van Rompuy. Il a demandé de préserver certains investissements (infrastructures énergétiques, recherche et innovation, éducation et commerce) ; - 2) il faut une croissance renforcée en stimulant l'offre et en renforçant la demande. Sur le volet de la demande, il a estimé que le fait de rétablir la confiance dans la zone euro permettra de renforcer la confiance des consommateurs, ce qui est primordial pour relancer la consommation privée. Il a préconisé d'exploiter de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités commerciales pour « stimuler la demande étrangère et les exportations ». Et il a estimé que les récents développements en matière de taux de change de l'euro « pourraient aider » dans ce contexte. L'euro est descendu lundi matin en Asie à 1,2666 dollar, son plus bas niveau depuis septembre 2010. Le président Van Rompuy a rappelé aussi que l'UE négocie des accords bilatéraux avec l'Inde, les pays d'Amérique latine, et « j'espère » bientôt avec le Japon et l'Indonésie. S'agissant de l'offre, il faut selon M. Van Rompuy utiliser pleinement le potentiel du marché unique dans les secteurs des produits, des services, de l'énergie et de l'économie numérique, et il faut mobiliser de la meilleure manière toutes les ressources financières de l'UE pour contribuer au bon fonctionnement de nos économies ; - 3) stimuler l'emploi. M. Van Rompuy a conseillé de se concentrer sur tous les aspects du marché du travail (offre et demande d'emplois) et sur le chômage des jeunes et l'apprentissage tout au long de la vie. Il faudra aussi exploiter le potentiel des emplois verts et permettre des marchés du travail flexibles.
Helle Thorning-Schmidt a rappelé que les 26 États membres de l'UE concernés discuteront le 30 janvier lors du Conseil européen du nouveau pacte budgétaire (tous sauf le Royaume-Uni, qui a tout de même le statut d'observateur, a rappelé le Premier ministre danois). Il faudra discuter aussi de la croissance et de l'emploi, a-t-elle dit, en soulignant l'importance de l'emploi des jeunes. « Il ne faut pas seulement consolider nos économies et améliorer la discipline budgétaire, il convient aussi de discuter de l'emploi, en particulier celui des jeunes, qui devient un énorme problème », a-t-elle fait valoir. M. Van Rompuy a précisé par ailleurs que le Conseil européen de juin 2012 évoquera les dossiers liés aux affaires de justice et affaires intérieures (JAI), comme l'espace Schengen. (LC)