login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10527
Sommaire Publication complète Par article 20 / 24
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Appel à une « remise à plat » et à la redéfinition de l'UpM

Bruxelles, 09/01/2012 (Agence Europe) - « L'heure est à une remise à plat, à la redéfinition du cadre, des objectifs et de la nature même de l'UpM » (Union pour la Méditerranée), estime l'ancien ministre et ancien ambassadeur de Tunisie à Bruxelles, Tahar Sioud. Familier du dossier, il constate que l'UpM « se trouve pour la deuxième fois en l'espace d'un an sans timonier » avec le départ du secrétaire général six mois à peine après sa prise de fonctions. (EUROPE n° 10525).

Bien plus, relève-t-il, « l'UpM risque aussi de se trouver sans co-présidence », allusion à l'Égypte, actuelle titulaire de cette fonction et qui a marqué son désir de s'en défaire et, observe M. Sioud, « du côté européen, l'UpM fait l'objet de forts tiraillements ».

Il s'ajoute « à ces éléments institutionnels qui mettent en panne l'UpM et qui font douter de son objet et de son opportunité dans le contexte actuel (le fait que) l'instrument est inadapté pour répondre aux préoccupations de part et d'autre. Les projets, ambitieux, ne trouvent pas et ne trouveront pas de financements. (...) Clairement, l'UpM est aujourd'hui une coquille vide ».

Il rappelle aussi que « l'UE, en proie à une crise sérieuse, n'a plus les moyens et la volonté de s'engager davantage aux côtés des pays de la rive sud. En fait, il nous faut l'aider à nous aider et adopter, pour notre part, (sud-méditerranéens, ndlr) un message positif à l'égard d'une Europe qui n'est pas un partenaire extérieur comme les autres, elle est notre partenaire naturel du fait de la proximité géographique et humaine. Nous sommes en lien avec elle, commercialement, économiquement, humainement, bien plus qu'avec le monde arabe. Cela changera peut-être mais en l'état, c'est en Europe que résident la plupart de nos migrants (...). La relation euroméditerranéenne est incontournable mais ne la laissons pas se faire n'importe comment ». Il en appelle donc à une « une remise à plat » et « peut-être faudra-t-il la découper en Méditerranée occidentale et orientale » qui pourrait devenir, « dans notre partie de la mare nostrum (Maghreb), un prolongement du dialogue réussi « 5+5 » qu'il faudra consolider par une relance sérieuse de l'UMA (Union du Maghreb Arabe) sur des bases moins politiques mais plus concrètes en termes d'économie, de solidarité et de liens entre les régions contiguës ».

« Nous avons tous à relever des défis énormes ». Il souligne l'ampleur et la gravité des « tâches urgentes à accomplir ». M. Sioud conclut: « Ne tardons pas trop. Nous avons des priorités: la mobilité des jeunes diplômés et l'annonce d'un programme Erasmus méditerranéen est la bienvenue, acquérir plus d'investissements, miser sur nos richesses réelles, le capital humain, l'énergie et l'agriculture ». (FB)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE