Bruxelles, 06/01/2012 (Agence Europe) - Alors que la France a indiqué, vendredi 6 janvier, qu'elle envisage de prendre d'ici la fin du mois une décision - au besoin, uniquement nationale - sur la taxation des transactions financières, l'Allemagne s'est déclarée ouvertement partisane d'une solution européenne sur ce dossier. Sur la même ligne, la Commission plaide pour une « approche cohérente » entre États membres, escomptant, pour sa part, « de bons progrès dans la première moitié de 2012 » sur le dossier.
« La position allemande reste inchangée: (...) le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, précisant que les discussions franco-allemandes en cours au sujet de la taxe avaient pour le moment uniquement pour objet de « clarifier » la situation dans l'UE en la matière. Il répondait aux déclarations faites dans la matinée par le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, selon lequel: « Il y aura une décision sur la taxation des transactions financières pour ce qui concerne la France avant la fin du mois de janvier ». Interrogé pour savoir si la France était prête à la mettre en place sans l'Allemagne, M. Guaino avait répondu: « C'est mieux s'il y a l'Allemagne », ajoutant toutefois que la France était « prête à donner l'exemple sur ce sujet », espérant pouvoir entraîner ainsi les autres États membres.
Cette déclaration intervient après celle du ministre français des Affaires européennes, Jean Léonetti, selon lequel la TTF va se mettre en place avant la fin de 2012 (EUROPE n° 10524). C'est que le dossier devient brûlant pour Nicolas Sarkozy, pour qui l'instauration d'une telle taxe au niveau national et européen est un argument de campagne électorale. Le président français veut en effet faire voter une loi nationale en ce sens avant l'élection présidentielle et se veut en première ligne pour accélérer la mise en place d'une TTF, si pas au niveau de l'UE, du moins dans la zone euro. Ainsi, la taxe figurera à l'ordre du jour du sommet entre le président français et la chancelière allemande, lundi 9 janvier, et un document commun des deux gouvernements précisant notamment l'assiette de la taxe que Paris veut « la plus large possible » est annoncé pour le 23, en vue du prochain sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement, le 30 janvier.
Les résistances au niveau de l'UE restent néanmoins vives, notamment de la part de la Suède et surtout, du Royaume-Uni, qui voit dans l'instauration d'une telle taxe, même limitée à la seule zone euro ou à un groupe pionnier d'États membres, une menace pour la City de Londres. Selon certains spécialistes, en effet, une TTF appliquée selon le principe de l'État d'origine de l'établissement financier, surtout si elle était prélevée au stade de la compensation et du règlement des opérations, aurait un effet certain sur toutes les places financières et laisserait peu d'échappatoires même aux opérations sur les produits les plus difficiles à taxer (les dérivés) traités sur la place de Londres. (FG)