Bruxelles, 06/01/2012 (Agence Europe) - En présentant les priorités de la présidence danoise, qui sont illustrées à travers quatre adjectifs accolés à l'Europe (responsable, dynamique, verte et sûre), le gouvernement de la social-démocrate Helle Thorning-Schmidt n'a pas mis en exergue les dossiers en matière d'emploi et de politique sociale. Si la crise financière et celle de la dette souveraine ont poussé les Danois à se focaliser sur les questions de la gouvernance économique « à un moment où l'UE est confrontée à son plus grand défi de son histoire », selon l'expression utilisée pour présenter les quatre priorités de la nouvelle présidence, des avancés sont néanmoins souhaitées tant sur des dossiers techniques que sur des défis bien différents, mais tout autant urgents, comme celui du bouleversement démographique ou du chômage.
L'emploi et la politique sociale seront abordés sous la présidence danoise à l'occasion de deux Conseil qui se réuniront le 17 février et les 21-22 juin. Un des premiers dossiers abordés, et qui sera à l'ordre du jour des deux Conseils, sera celui du renforcement de l'application de la directive sur le détachement des travailleurs. Il s'agit de s'assurer qu'une protection optimale pour les travailleurs détachés, c'est-à-dire pour ceux qui sont envoyés par leur employeur exercer un travail pendant un temps limité dans un autre État membre, soit en vigueur partout afin d'empêcher entre autres le dumping social. Les ministres européens discuteront également de la stratégie EUROPE 2020, durant les deux Conseils, en se focalisant surtout sur les politiques de l'emploi à adopter pour faire face à une croissance économique très faible et au risque de l'augmentation du chômage des jeunes et de longue durée. Un rapport sur les conséquences sociales de la crise leur sera présenté par le Comité de la protection sociale.
Parmi les points abordés durant le second Conseil, figure le programme européen pour le changement social et l'innovation sociale. C'est un nouvel outil, proposé par la Commission européenne dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020, qui a comme objectif de mettre ensemble trois programmes afin d'assurer une plus grande cohérence par rapport aux objectifs de la stratégie EUROPE 2020. Les trois programmes en question sont: Progress (programme de coordination pour l'emploi et la solidarité sociale), EURES (service européen de l'emploi) et l'instrument de micro-financement Progress (microcrédits pour la création d'entreprise par les chômeurs).
Lorsque la présidence danoise décrit l'approche qu'elle souhaite adopter en matière d'emploi et de politique sociale, elle le fait par le prisme d'un modèle socio-économique particulier qu'elle a contribué à créer: la « flexicurité ». À l'image de la « troisième voie » développée au Royaume-Uni sous le gouvernement du travailliste Tony Blair, le Danemark a contribué à développer une approche similaire, sans être identique, envers l'emploi et le chômage. C'est une approche qui tente de concilier une haute protection sociale conjuguée à des facilités de licenciement, tout en développent en même temps des mesures incitatives, telles que la formation et la promotion de la mobilité (deux exemples promus également par la Commission dans son programme phare New Skills for New Jobs), pour que les chômeurs reviennent sur le marché de travail. Que ce soit dans les débats autour du Livre blanc sur les pensions ou les initiatives danoises dans le cadre de l'Année européenne du vieillissement actif et de l'année intergénérationnelle 2012, le gouvernement de Mme Thorning-Schmidt tentera, d'une manière ou d'une autre, d'imprégner la politique communautaire d'une vision qui se veut neutre, ralliant la justice sociale et l'efficacité économique. (JK)