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Bulletin Quotidien Europe N° 10490
Sommaire Publication complète Par article 30 / 30
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 934

*** CHRISTOPHE BOUNEAU, DAVID BURIGANA, ANTONIO VARSORI (sous la dir. de): Les trajectoires de l'innovation technologique et la construction européenne / Trends in Technological Innovation and the European Construction. Des voies de structuration durable ? / The Emerging of Enduring Dynamics? Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Euroclio", n° 56. 2010, 259 p., 30,50 €. ISBN 978-90-5201-605-4.

Fruit d'un colloque international et interdisciplinaire organisé à l'Université de Padoue en juin 2008 par des chercheurs en sciences humaines et sociales, ce livre examine, à travers onze contributions, les enjeux technologiques de l'intégration européenne et leurs répercussions sur la dynamique d'innovation des secteurs. Pour le dire autrement, les auteurs s'emploient à éclairer d'un jour nouveau la construction européenne en l'interrogeant selon le prisme de la technologie et de l'innovation technologique, ce surtout à partir des années 70. En filigrane s'imposent, au fil des pages, trois interrogations. D'abord, les trajectoires de l'innovation technologique, dans leur diversité et leur complexité, sont-elles des voies de structuration durable de l'Union européenne ? Ensuite, quelle est leur contribution réelle, derrière les discours, au processus d'intégration européenne dans une perspective à la fois géoéconomique et géopolitique ? Enfin, peuvent-elles contribuer à identifier les tournants imprimés ou subis par les gouvernements des États membres de la Communauté au cours du processus de "l'intégration" ? En l'occurrence, précisent d'emblée les coordinateurs de l'ouvrage, il vaut, en la matière, "parler de construction européenne et de coopération que d'intégration, en distinguant bien l'espace européen de la Communauté", tant il est vrai que les trajectoires de l'innovation "renvoient directement à des systèmes complexes d'acteurs associant gouvernements, entreprises et organismes multinationaux, dont la géométrie variable, avec le rôle d'organisations internationales telles que l'Otan, ne facilite pas l'établissement de voies de structuration durable de l'intégration européenne".

Dans la première partie de l'ouvrage, quatre contributions éclairent la dimension transversale des politiques technologiques européennes à travers les Programmes-cadre, les réseaux transeuropéens, Galileo et l'émergence, au niveau européen, des problèmes environnementaux et urbains. Ainsi, le Pr. Pascal Griset (Université Paris-Sorbonne et directeur du Centre de recherche en histoire de l'innovation) montre combien des approches nationales ont prévalu dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, la raison en étant partiellement l'absence d'une politique industrielle commune, mais aussi "le choix par l'Union d'une voie libérale renforcée" qui a privé l'Europe d'un "Airbus des télécoms". Pour Laura Grazi et Laura Scichilone, chercheuses à l'Université de Sienne, cela n'a pas été le cas dans les domaines de l'environnement et de l'urbanisme pour lesquels la Communauté économique européenne a représenté "un modèle pour transcender la dimension exclusivement nationale, offrant à ses États membres la possibilité de relever le défi de l'interdépendance géographique des enjeux environnementaux à un niveau politique et institutionnel". Pour sa part, Arthe Van Laer retrace les étapes et la trajectoire qui ont conduit au lancement du premier Programme-cadre en juillet 1983 et, plus encore, à la rédaction de l'article 130 de l'Acte unique qui a donné à la Communauté l'objectif de renforcer les bases scientifiques et technologiques de l'industrie européenne et de favoriser le développement de sa compétitivité internationale. Pour cette protégée du Pr. Dumoulin, c'est cet article qui a permis de dépasser le refus des capitales de formules trop "intégrationnistes" et supranationales, une politique commune de recherche voyant alors le jour grâce à l'impulsion déterminante, selon elle, du commissaire Etienne Davignon. Enfin, le Pr. Johan Schot (Université technologique d'Eindhoven) avance son modèle s'articulant autour de la notion de régime, un "système d'acteurs de l'innovation" opérant sur la base d'un ensemble de règles formalisées ou restées informelles destiné à faciliter la gestion, voire la gouvernance, de réseaux d'infrastructures transnationales.

Les deuxième et troisième parties de l'ouvrage sont consacrées, elles, à des secteurs stratégiques. A l'énergie d'abord, quatre contributions balayant le prisme sectoriel de l'innovation technologique à travers le projet de réacteur nucléaire de l'OECE Halden au tournant des années 50 et 60, le rôle ambivalent de la coopération technologique dans les stratégies énergétiques déployées par les pays européens au cours des années 70 pour répondre aux chocs pétroliers, les trajectoires complexes de l'innovation technologique dans l'industrie électrique des pays européens depuis 1945 et, enfin, la genèse de l'interconnexion européenne des réseaux de transport d'électricité, l'accent étant mis sur la dilatation et la géométrie variable du maillage. La dernière partie offre enfin des analyses fouillées sur les industries spatiale, aéronautique et automobile, les auteurs montrant que ce sont autant de secteurs dominés "par le jeu des intérêts nationaux" et où l'Europe n'existe qu'en filigrane.

Michel Theys

*** SACHA GARBEN: EU Higher Education Law. The Bologna Process and Harmonization by Stealth. Kluwer Law International (P.O Box 316, 2400 AH Alphen aan de Rijn, Pays-Bas. Courriel: kluwerlaw@turpin-distribution.com - Internet: http://www.kluwerlaw.com ).Collection "European Monographs", n° 76. 2011, 274 p., 100 €. ISBN 978-90-411-3365-6

Initié dans la capitale gastronomique de l'Italie en 1999 lorsque les ministres de l'Éducation de vingt-neuf pays européens signèrent une déclaration dont il n'est pas sûr qu'ils mesuraient l'impact qu'elle allait avoir, le Processus de Bologne influence désormais très profondément les systèmes d'enseignement supérieur de pas moins de quarante-sept pays, dont ceux de l'Union européenne. Cette révolution a fait l'objet de multiples publications qui l'ont auscultée sous tous les angles, hormis le juridique. Diplômée en droit à l'Université de Maastricht et au Collège d'Europe, Sacha Garben comble ce vide avec cet ouvrage qui prolonge la thèse qu'elle a soutenue en 2008 à l'Institut universitaire européen de Florence. Elle y aborde ainsi des thèmes tels que l'évitement de procédures démocratiquement légitimes dans le cadre institutionnel de l'Union pour des raisons liées à la souveraineté des États, les domaines spécifiques de chevauchement entre le droit de l'Union et le Processus de Bologne ainsi que les implications qui en découlent, le choix délibéré de la coopération intergouvernementale comme mode paradigmatique global de l'internationalisation des politiques d'éducation, l'idée que l'université est en cours de redéfinition, elle qui passe de statut d'institution sociale à celui d'industrie, le rôle de plus en plus influent de la Commission dans le processus, du fait de ses financements et de son rôle de coordination, les étudiants perçus comme des récipiendaires de services et les enseignants dans le contexte de la libre-circulation des travailleurs. De la sorte, Sacha Garben met notamment en lumière que, en situant le Processus de Bologne en dehors du cadre communautaire et de celui du Conseil de l'Europe, les États membres de l'Union ont tenté de se soustraire à l'influence grandissante de l'Union dans le domaine de l'enseignement supérieur. Elle décrit aussi fort utilement la manière dont le champ couvert par le Processus a été significativement élargi au cours de la décennie, tout en analysant de manière très fine la jurisprudence de la Cour de justice en la matière et la façon dont Bologne a été intégré dans le droit national de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne. Elle ponctue ce travail remarquable par une évaluation normative du Processus à la lumière du sort qui y est réservé aux exigences démocratiques, de transparence et de responsabilité.

(PBo)

*** MIRJA-TYTTI TALIB, JYRKI LOIMA, HEINI PAAVOLA, SANNA PATRIKAINEN (sous la dir. de): Dialogs on Diversity and Global Education. Editions Peter Lang (1 Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32- 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2009, 205 p., 27,90 €. ISBN 978-3-631-58806-2.

Cet ouvrage s'intéresse à la manière dont les thèmes de la culture, de l'ethnicité et de la diversité sont appréhendés dans divers systèmes éducatifs de par le monde. Avec l'accélération sans cesse croissante de la vitesse des échanges d'informations et le rapprochement physique des êtres humains à travers des moyens de transport toujours plus performants, des concepts comme le multiculturalisme ou l'interculturalisme touchent de plus en plus les salles de classe, où que celles-ci se trouvent sur la surface du globe. Or, l'interprétation de ces questions sera toujours fort dépendante de la culture d'origine de l'interprète. Les auteurs de ce livre, tous spécialistes universitaires de l'éducation multiculturelle, proposent plusieurs essais dans lesquels ces thèmes sont traités de divers points de vue. Ils analysent d'abord ce que ces concepts représentent en Europe du nord, en Amérique du nord et en Asie, présentant ensuite quelques expériences éducatives sur ces sujets dans des écoles de ces trois régions. D'autres contributions soulignent aussi le rôle central des professeurs pour que la multiculturalité soit bien vécue par les étudiants, étant donné que ce sont ceux-ci qui, à travers la gestion des différences dans leurs classes, détermineront l'acceptation ou le refus de ces concepts par la société.

(NDu)

*** SASKIA BONJOUR, ANDREA REA, DIRK JACOBS (sous la dir. de): The Others in Europe. Éditions de l'Université de Bruxelles (26 av. Paul Héger, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 6503799 - fax: 6503794 - Courriel: editions@ulb.ac.be - Internet: http://www.editions-universite-bruxelles.be ). Collection « Études européennes ». 2011, 203 p., 20 €. ISBN 978-2-8004-1506-2.

Aujourd'hui, dans l'Union, l'Autre, l'Étranger, le Différent a changé. Dans leur introduction, les coordinateurs de ce livre posent d'emblée le constat que "l'ancienne distinction entre nationaux et étrangers semble s'être transformée en une logique triangulaire distinguant nationaux, citoyens de l'Union et résidents de pays tiers", ce qui fait que, "dans le processus, l'Autre est de plus en plus devenu l'Autre non-Européen - même s'il est encore à voir quels Européens Nous pourrions être exactement". Pour y voir clair dans ces nouvelles catégorisations sociales et juridiques, des chercheurs proches de l'Université libre de Bruxelles et représentatifs de différentes disciplines académiques - droit, sociologie, science politique, psychologie sociale et anthropologie - ont croisé leurs regards qui se conjuguent dans les onze chapitres de cet ouvrage. Les six premiers d'entre eux appréhendent le thème par les biais juridique, politique et sociologique. Kees Groenendijk constate ainsi que, avec la citoyenneté européenne, le droit communautaire crée une opposition entre le "Nous" et le "Eux", les ressortissants de pays tiers, cette catégorisation n'étant toutefois pas fatalement source, selon lui, de "stigmatisation". Les coordinateurs se demandent toutefois s'il ne serait pas temps de se demander si le cadre législatif de l'Union ne met pas plus d'obstacles que celui des pays à ce que les étrangers puissent jouir de leurs droits. Pour sa part, Yves Pascouau démontre que les règles en matière d'intégration des étrangers visent à limiter les flux migratoires, le regroupement familial en particulier, Saskia Bonjour montrant, elle, que les Pays-Bas sont beaucoup plus restrictifs que la France sur ce plan. Pour sa part, Chloé Hublet avance que la manière dont les ressortissants des pays tiers sont protégés des discriminations sur la base de la nationalité a pour effet d'entraver leur intégration en Europe. Cela vaudrait même pour certains d'entre eux qui ont acquis la nationalité de leur pays d'accueil et pour leurs enfants, ce qui confirmerait ainsi "la construction d'une société européenne ethnique". Le même sujet est également étudié à la lumière des entraves placées à la libre-circulation de certaines catégories de personnes, les auteurs d'une dernière contribution évaluant, eux, la portée des "accommodements raisonnables" dans le champ des relations de travail à la lumière de la situation belge. Les cinq autres chapitres étudient ensuite la thématique à la lumière de l'anthropologie et de la psychologie sociale. Ils ne sont pas les moins éclairants !

(MT)

*** STUART ANDERSON: Answering the Critics of Comprehensive Immigration Reform. Cato Institute's Center for Trade Policy Studies (1000 Massachusetts Avenue, N. W., Washington DC, USA.
Tél.: (1-202) 8420200 - fax: 8423490 - Internet: http://www.cato.org ). Collection "Trade Briefing Paper",
n° 32. 2011, 12 p., 2 $.

Publiée par un organisme américain qui s'est donné pour mission d'accroître la compréhension du public des bienfaits du commerce libre et des coûts induits par le protectionnisme, cette brève étude oppose des arguments à ceux qui s'opposent à une réforme de la politique américaine en matière d'immigration. L'auteur fait valoir que cette réforme aurait notamment pour effets de réduire l'immigration illégale, de conférer un statut juridique à certains illégaux actuels et allègerait le fardeau budgétaire.

(MT)

*** ANSGAR KREGEL-OLFF: Der Einfluss der Europäischen Menschenrechtskonvention und der Rechtsprechung des Europäischen Gerichtshofs für Menschenrechte auf das deutsche Erbrecht. Peter Lang (voir coordonnées supra). 2011, 260 p., 51,20 €. ISBN 978-3-631-61967-4.

L'une des plus grandes réalisations du Conseil de l'Europe à ses débuts est sans conteste la création et la mise en application de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), laquelle a profondément influencé la législation des pays membres de la grande Europe". Il ne serait d'ailleurs pas faux d'affirmer que cette Convention est devenue une norme législative universelle, elle qui est prise pour référence tant en Europe que dans le reste du monde. Partant de ce constat, Angsar Kregel-Olff étudie, dans cet ouvrage, l'influence à ses yeux énorme de la CEDH sur le système juridique allemand. L'ouvrage est composé de six chapitres. Dans un premier temps, l'auteur situe la place prise par cette Convention dans le droit allemand, analysant son rôle et ses effets. Il se fait ensuite plus analytique en étudiant l'héritage juridique de la CEDH, en particulier dans le domaine de la non-discrimination. Les quatre chapitres suivants portent sur l'influence concrète de la CEDH dans le droit allemand, notamment à la lumière des changements qu'elle a initiés dans le droit allemand afin que celui-ci soit en conformité avec elle. L'auteur s'intéresse encore à l'influence grandissante du droit européen dans les domaines couverts par la Convention, celle-ci ayant vu son influence grandir encore avec l'affirmation de la primauté du droit européen sur le droit national. Ansgar Kregel-Olff envisage enfin les changements qui pourraient encore intervenir à l'avenir dans le système juridique allemand.

(JD)

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