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Bulletin Quotidien Europe N° 10490
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/rÉgions

Appel des RUP au maintien des fonds européens, Hahn réservé

Bruxelles, 07/11/2011 (Agence Europe) - Les régions périphériques maritimes (RUP) tremblent à l'idée que l'UE diminue ses perfusions financières, censées « compenser » leurs handicaps structurels (déficit en mobilité, un chômage avoisinant les 25%, …), reconnus dans l'article 349 du Traité. Bien que le discours du commissaire européen responsable de la politique régionale, Johannes Hahn, se veuille rassurant, il a du mal à convaincre les présidents des RUP, réunis en Martinique pour leur 17éme conférence le 04 novembre (Açores, Canaries, Guadeloupe, Guyane, Madère, Martinique, Saint-Martin ; la Réunion n'a pas été représentée, les incendies sur l'île ayant retenus son président).

Tout dépend du budget pluriannuel. Le commissaire européen ne le cache pas, dans le contexte de crise actuel, les négociations sur le cadre financer pluriannuel de l'UE peuvent affaiblir considérablement l'enveloppe proposée par la Commission pour la politique de cohésion pour la programmation 2014-2020: « Vos besoins sont indéniables, mais il y a d'autres priorités qui sont en compétition. Les fonds sont limités parce que les États membres, comme on peut le comprendre, veulent une discipline budgétaire ». Une baisse de 40% serait envisageable selon Mr. Hahn, dans des propos rapportés par l'AFP. À ce stade les propositions pour la future politique de cohésion, qui doivent encore être approuvées, garantissent encore des allocations spéciales aux RUP, sur base de leurs spécificités reconnues dans l'article 349 du Traité. Mais le commissaire ne manque pas de mettre en garde: « La bataille n'est pas finie, et (…)ceux qui veulent voir ces allocations maintenues, devront plaider leur cause 'robustement' auprès du Conseil ».

L'argent n'est pas la réponse à tout. Gardant cela en tête, Johannes Hahn, à la suite d'une semaine de visite dans ces régions, veut aller à l'encontre de l'idée toute faite des régions ultrapériphériques dépendantes de flots constants de compensations européennes pour remédier à leurs difficultés. Il assure que « chacune de ces régions à la capacité de développer des offres commerciales uniques afin d'assurer un futur plus prospère ». Il assure pour cela que les propositions formulées pour la politique de cohésion en 2014-2020 prévoient le taux de cofinancement le plus élevé (85%) pour les RUP, et un budget doublé pour la coopération avec leurs voisins par rapport à la programmation actuelle. Mais le commissaire reste ferme: « L'argent seul ne résoudra pas vos problèmes. Les fonds structurels ne seraient jamais suffisants. Ce que les fonds européens peuvent faire c'est vous aider à maximiser votre potentiel en modernisant les secteurs traditionnels et en vous diversifiant dans de nouveaux».

Garantir des actes, et des aides. Ces commentaires, venus de Bruxelles, ne sont pas en mesure de dissiper les craintes des RUP, dont le président Serge Letchimy déclarait de but en blanc, à l'ouverture de la conférence, que « la Commission européenne ne peut pas réduire les aides financières attribuées aux RUP pour la période 2014-2020 ». Le président des Canaries, Paulino Rivero Bauté, agacé par l'immobilisme de l'UE à l'égard de ces régions coupées géographiquement de l'Europe, n'a pas hésité à lâcher qu' « il faudrait que l'Europe mette ses actes en accord avec ses discours. Nous avons souvent entendu que nos spécificités étaient garanties et reconnues par l'Union. Nous avons également entendu que nous étions des atouts pour l'Union. Aujourd'hui, nous voulons des actes! Que la Commission soit cohérente avec l'article 349 du Traité!». (MD)

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