Bruxelles, 07/11/2011 (Agence Europe) - L'Eurogroupe ne devrait pas prendre de décision sur le versement de la tranche d'aide (8 milliards d'euros à la charge de l'UE et du FMI) dont la Grèce a besoin afin d'éviter le défaut de paiement d'ici mi-décembre. « Je ne pense pas que nous aurons des décisions définitives » lors de l'Eurogroupe sur le versement de la 6ème tranche d'aide prévue dans le 1er plan de sauvetage grec, a déclaré son président Jean-Claude Juncker, lundi 7 novembre à son arrivée à Bruxelles. Le déblocage de l'aide financière « dépendra des réponses qui seront données par le gouvernement grec », a-t-il expliqué. Les Européens veulent s'assurer que les nouvelles autorités grecques vont soutenir l'accord scellé le 27 octobre par le sommet de l'Eurozone et concocter un budget 2012 conforme aux objectifs budgétaires fixés dans le plan de sauvetage. Sur la situation politique grecque, M. Juncker s'est dit « confiant dans le fait que la situation évolue désormais dans le bon sens ».
Bien qu'il ait obtenu, vendredi, la confiance du parlement grec, le Premier ministre Georges Papandréou a démissionné en raison des remous provoqués par son souhait d'organiser un référendum qui aurait risqué de remettre en cause l'appartenance de la Grèce à la zone euro. Cette manœuvre politique lui permet de sortir la tête haute après avoir arraché le soutien du principal parti d'opposition 'Nouvelle Démocratie', à l'accord du 27 octobre. « Après une semaine difficile, nous avons maintenant une situation politique nouvelle » en Grèce: « Nous avons un nouveau gouvernement d'unité et de responsabilité nationales », a déclaré le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos, qui s'était opposé à l'idée d'un référendum à son retour du sommet du G20 de Cannes (EUROPE n°10488 et n°10489). Selon lui, « c'est la preuve de notre engagement et de notre capacité à appliquer le programme et à reconstruire le pays ».
Italie. Les ministres feront aussi le point sur la situation en Italie où les rumeurs d'un départ imminent du Premier ministre italien Silvio Berlusconi vont bon train. Fin octobre, les autorités italiennes ont accepté une surveillance économique et budgétaire plus poussée de la Commission européenne qui s'apprête à dépêcher ses experts, dès cette semaine à Rome. Celle-ci a d'ailleurs envoyé « un questionnaire » au gouvernement italien lui demandant des « clarifications » sur les mesures annoncées, a indiqué le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, en refusant de dresser un parallèle entre la Grèce et l'Italie. Sous la pression de leurs partenaires, les autorités italiennes ont été contraintes d'accepter, lors du Sommet du G20 à Cannes, un autre type de 'mise sous tutelle': le FMI évaluera tous les trois mois la façon dont le gouvernement met en œuvre les mesures annoncées. « L'objectif est d'avoir une évaluation séparée de la part de différentes institutions afin de renforcer la confiance envers la capacité de l'Italie à atteindre les objectifs en matière budgétaire et de réforme », a souligne le porte-parole de M. Rehn.
L'Eurogroupe planchera également sur l'optimisation du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF. Confrontés à une hausse inexorable des taux d'intérêt fixés sur la dette italienne, ils ont décidé d'accélérer les travaux dans ce domaine. À noter que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) est au Portugal pour entamer sa 2ème mission d'évaluation de la situation économique et budgétaire du pays. (MB)