Bruxelles, 26/10/2011 (Agence Europe) - Pour le quatrième Forum de haut niveau (FHN4) de l'ONU sur l'efficacité de l'aide qui se tiendra à Busan (Corée du Sud) du 29 novembre au 1er décembre (EUROPE n° 10448), le Parlement européen appelle l'UE à défendre une position ambitieuse susceptible de dégager un consensus sur un partenariat mondial pour le développement efficace et plus inclusif, qui associe davantage les donateurs émergents. La résolution adoptée mardi 25 octobre par la plénière est un appel à l'approfondissement et la pleine mise en œuvre des engagements souscrits par la communauté internationale via les principes de la déclaration de Paris et le programme d'action d'Accra malheureusement entravé par la crise financière, la réduction du niveau d'aide publique au développement (APD). « Il faut un leadership européen et des engagements politiques forts à Busan pour faire avancer l'agenda de l'efficacité de l'aide », résume le rapporteur Christian Dan Preda (PPE, roumain).
La transparence et la responsabilité étant des conditions fondamentales de l'efficacité de l'aide, il conviendrait que tous les participants au FHN4 souscrivent pleinement au principe d'appropriation démocratique de l'aide, laquelle passe par une utilisation plus transparente des systèmes nationaux, et la participation réelle des autorités locales et des organisations de la société civile aux politiques de développement, indispensable pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et garantir la bonne gouvernance.
Les eurodéputés appellent à une meilleure coordination internationale de la distribution de l'aide entre pays pour éviter la dichotomie entre les pays partenaires « chouchous » de l'aide et pays « orphelins de l'aide ». Vouloir renforcer l'impact de l'aide et sa rentabilité ne devrait pas mener à une politique de développement frileuse qui se concentre uniquement sur les pays « faciles », précisent-ils. Le Parlement estime que l'éradication de la pauvreté et les besoins doivent rester des critères déterminants de l'attribution de l'aide au développement et insiste sur l'importance d'une approche différenciée de l'efficacité de l'aide, qui tienne compte du niveau de développement des pays bénéficiaires (pays les moins développés, États fragiles et pays à revenus intermédiaires) et de leurs besoins spécifiques.
L'aide financière n'étant pas la panacée et ne pouvant à elle seule garantir le développement dans la durée, le Parlement rappelle que les gouvernements locaux et le secteur privé doivent s'investir dans la réalisation de projets relatifs aux OMD et qu'il incombe aux États de garantir la stabilité et l'état de droit. Les pays donateurs, quant à eux, sont appelés à mieux coordonner et harmoniser leurs actions, ainsi qu'à simplifier leurs procédures. (AN)