Bruxelles, 07/09/2011 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont exprimé, mardi 6 septembre en fin d'après-midi, leur soutien à la « perspective européenne » du Kosovo, et se sont félicités du récent dialogue établi avec la Serbie, lors d'une réunion de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, en présence de la présidente du Kosovo, Atifete Jahjaga (voir aussi EUROPE n° 10446).
Le président de la délégation pour les relations avec l'Europe du Sud-Est, Eduard Kukan (PPE, slovaque), a réaffirmé le soutien du Parlement européen à l'action menée par la présidente du Kosovo, Mme Jahjaga. Toutefois, il a fait part des vives préoccupations des eurodéputés concernant les incidents récents survenus entre la communauté serbe et les forces de police du Kosovo aux frontières du pays avec la Serbie. Il a rappelé qu'il était important que le Kosovo respecte les critères, notamment en ce qui concerne l'intégration des rapatriés, comme condition préalable à la libéralisation des visas pour les citoyens kosovars.
L'État de droit au Kosovo. Mme Jahjaga a déclaré qu'il n'y avait pas d'alternative à l'établissement de l'État de droit et à l'application de la Constitution dans l'ensemble du territoire de la République. Elle s'est félicitée de la réponse de la mission 'État de droit' menée par l'UE (EULEX KOSOVO) lors de l'incendie d'un poste-frontière à la fin juillet. « Le Kosovo est un », et toute action qui risquerait de déboucher sur une scission du pays « est et restera inacceptable », a-t-elle déclaré, tout en ajoutant que la communauté serbe est « l'otage de structures illégales et parallèles œuvrant dans le nord du pays ».
Entraide. Mme Jahjaga estime que les relations entre le Kosovo et l'UE stagnent, et que le moment est venu de « passer à la concrétisation de la perspective européenne ». Elle soutient pleinement le dialogue entre le Kosovo et la Serbie. « Nous devons façonner l'avenir, et le nôtre se situe du côté de l'UE », a-t-elle souligné. Et d'ajouter que les deux pays doivent s'entraider tout au long de ce processus.
Des voix se sont élevées au sein de la commission des affaires étrangères du PE en faveur de l'adhésion du Kosovo à l'UE et l'on peut comprendre l'action légitime menée par le gouvernement kosovar dans le nord du pays, a indiqué le rapporteur, l'Autrichienne Ulrike Lunacek (Verts/ALE).
Doris Pack (PPE, allemande) a fait observer que les cinq États membres de l'UE n'ayant pas encore reconnu l'indépendance du Kosovo « ont leurs propres difficultés » et qu'ils « comparent des éléments qui ne sont pas comparables ». Mme Jahjaga a estimé que la non-reconnaissance du pays constituait un « réel obstacle », en soulignant toutefois que 81 pays avaient déjà reconnu le Kosovo.
Hannes Swoboda (S&D, autrichien) a rappelé que les pays n'ayant pas encore reconnu le Kosovo ne pourront le faire que lorsque les deux pays seront en mesure de résoudre leurs difficultés par le dialogue. À ce titre, il a rappelé le rôle de l'Autriche dans le Tyrol du Sud italien, comme exemple possible d'une organisation de la représentation des intérêts légitimes de la Serbie. Il a également ajouté que le Parlement soutient dans une large mesure la libéralisation des visas.
Approche régionale. Selon le rapporteur du Parlement européen pour la Serbie, Jelko Kacin (ADLE, slovène), le dialogue récent établi entre Pristina et Belgrade a contribué à l'octroi à la Serbie du statut de pays candidat à l'UE. Pour lui, seule une approche régionale pourrait apporter la stabilité et la prospérité dans les Balkans occidentaux. M. Kacin estime que le Kosovo fait partie de la solution, et pas du problème, dans la région. (L.C.)