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Bulletin Quotidien Europe N° 10447
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

L'exigence de la gestion européenne de la zone euro est de plus en plus admise et elle est accompagnée par la relance d'autres politiques communes

Quelques progrès du programme italien de redressement. L'appui politique à une véritable gestion commune de la zone euro se renforce de jour en jour ; les prises de position se multiplient. L'agitation perpétuelle du monde de la finance, où les valeurs en Bourse et l'évaluation des dettes publiques des pays de la zone euro oscillent continûment, ne change rien aux considérations développées il y a deux jours dans cette rubrique, considérant comme impensable que la zone euro éclate à cause de l'incapacité de l'Italie à définir un programme crédible de redressement budgétaire en deux ans. À Rome, le compromis doit être défini dans les prochains jours, et il doit être susceptible de convaincre les marchés et de faire échec à la spéculation galopante. Mardi soir, pour la première fois, la Commission européenne a diffusé un communiqué positif sur l'évolution du plan italien, en exprimant son appréciation pour certaines mesures spécifiques qui figurent dans la nouvelle version (voir dans les pages suivantes le communiqué de la Commission). La mise au point du projet se poursuit à Rome au niveau parlementaire avec des perspectives qui semblent s'améliorer.

L'échec éventuel de l'Italie, troisième puissance économique de la zone, compromettrait l'édifice de l'euro dans son ensemble. Les forces politiques italiennes n'arrivaient pas à s'entendre pour des raisons en grande partie électorales ; tant le gouvernement que l'opposition pensent aux prochaines élections, chacun s'efforçant de protéger les intérêts de ses électeurs (vrais ou présumés). Une parlementaire bien connue dans les milieux européens, Emma Bonino, a proposé de supprimer la moitié des contributions publiques aux partis politiques, mais elle est restée isolée. Quant à la mesure la plus radicale, la réduction du nombre de parlementaires et de sénateurs, elle a été retenue en principe dans le programme d'austérité, mais elle implique la modification de la Constitution, procédure qui demande des années (avec un double vote des parlementaires eux-mêmes) ; elle n'a donc aucun impact sur la réduction des dépenses publiques à concrétiser en deux ans que l'on attend à Bruxelles. La lutte contre l'évasion fiscale est elle aussi une orientation indispensable ; mais les effets sont lents et impossibles à prévoir sur deux ans. C'est pourquoi le message de la Commission insiste sur des mesures plus opérationnelles à court terme.

D'autres pays sur la bonne voie. Le sursaut de l'Italie permettrait de redresser la situation globale de la zone euro, car l'Espagne, le Portugal et l'Irlande sont positivement engagés dans la direction correcte. Quant à la Grèce, elle ne compromet pas à elle seule l'existence de l'euro ; si elle n'est pas en mesure de maîtriser la situation, si la société hellénique et l'opinion publique sont vraiment imperméables aux disciplines de la monnaie commune, la Grèce se situerait forcément en marge de la zone euro, selon des formules à définir.

La gouvernance économique européenne progresse. Je reviens au point de départ de cette chronique: la multiplication des appels au sauvetage et à la relance de la zone euro par un renforcement du caractère européen de son fonctionnement et de sa gestion. Notre bulletin en rend compte régulièrement. Il est significatif qu'une prise de position ferme et favorable à la naissance d'une gouvernance économique vraiment européenne soit venue du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui - tout en invitant les pays en difficulté, l'Italie en tête, à prendre les mesures qui s'imposent « quel qu'en soit le coût politique » - a plaidé en même temps pour la centralisation progressive de la politique budgétaire des pays membres de la zone euro. Le ministre n'exclut pas une véritable union budgétaire, à réaliser progressivement, au fur et à mesure du progrès démocratique de l'Europe unie.

Lien avec d'autres politiques communes à créer. La référence allemande au progrès démocratique est significative: elle exprime clairement que la gestion commune de l'euro et la gouvernance économique européenne ne peuvent se concrétiser séparément de la réalisation ou consolidation progressive d'autres politiques communes. Il est significatif que des personnalités politiques de premier plan, aussi bien actives dans les institutions communautaires comme Guy Verhofstadt, ou qui l'ont été dans le passé comme Gerhard Schröder et Felipe Gonzalez, aient souscrit une déclaration commune soulignant que l'UE, pour avoir un poids mondial, doit aller vers plus d'intégration non seulement dans le domaine économique, mais aussi en matière d'énergie, de climat, d'immigration, de politique étrangère et de défense. Même quelques personnalités politiques britanniques se sont exprimées dans le même sens. C'est un chantier global qui bouge et connaîtra bientôt des développements considérables. Premier pas, M. Van Rompuy met au point sa proposition opérationnelle pour la gouvernance économique. Si tout bouge, c'est bon signe.

(F.R.)

 

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