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Bulletin Quotidien Europe N° 10427
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/corne de l'afrique

Au-delà de l'urgence, assurer la sécurité alimentaire

Bruxelles, 26/07/2011 (Agence Europe) - La réunion ministérielle extraordinaire de la FAO, convoquée d'urgence le 25 juillet à Rome a permis de mobiliser l'attention de la communauté internationale sur l'urgente nécessité de mobiliser 1, 6 milliard de dollars pour sauver, dans l'année la vie et les moyens de subsistance des populations vulnérables de la Corne de l'Afrique frappées par la sécheresse, et en particulier 11 millions de personnes menacées de famine. Les 191 pays participants sont convenus de mettre en œuvre immédiatement un programme destiné à empêcher une catastrophe humanitaire imminente (en s'attaquant aux conflits, à la préservation des couloirs humanitaires, la nutrition, la réduction des risques de catastrophes, aux services de santé et d'éducation, et à l'adaptation au changement climatique) et, à plus long terme, à instaurer la sécurité alimentaire. Car c'est à la sécurité alimentaire et au développement à long terme des pays de la région (Somalie, Kenya, Éthiopie, Djibouti) qu'il convient d'ores et déjà de penser, ont estimé les participants. C'est également la conviction de la Commission européenne.

À deux jours de la conférence des donateurs qui devrait permettre, mercredi au Kenya, de multiplier les promesses de dons, la Commission a d'ores et déjà annoncé par la voix de Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale et à l'Aide humanitaire actuellement en mission dans la région, qu'elle porterait son aide à quelque 160 millions d'euros pour 2011. Le sort des réfugiés qu'elle a pu visiter dans les camps surpeuplés de Dadaab (au Kenya, à la frontière avec la Somalie) la préoccupe tout particulièrement. Et si elle a rendu hommage à « la générosité du gouvernement du Kenya, pays hôte », elle compte sur la générosité de la communauté internationale pour « casser le cycle de désespoir ». Mme Georgieva aura l'occasion de s'exprimer plus amplement mercredi à Bruxelles au retour de sa mission de six jours sur le terrain.

« C'est la pire sécheresse jamais enregistrée, et nous sommes en train d'augmenter notre intervention de façon graduelle mais il faut penser à l'après-sécheresse et donner aux réfugiés les instruments nécessaires pour bâtir leur avenir. Sans l'intervention des ONG, ça aurait pu être une catastrophe bien pire parce qu'à la sécheresse s'ajoute le problème des violences sur les réfugiés », a déclaré à la presse Florika Fink-Hooijer, chef de cabinet de la commissaire, citée par l'ANSA, à l'issue de la conférence de Rome. Soulignant l'importance d'une aide immédiate (les 27,8 millions d'euros mobilisés et les 60 millions supplémentaires en préparation), elle a ajouté: « Nous voulons aussi penser à des solutions à long terme et envisager ce que nous pouvons faire pour aider les populations de Somalie, du Kenya et d'Éthiopie à faire face aux urgences futures, à la sécurité alimentaire et l'éducation des réfugiés et à leur permettre enfin de retourner dans leur pays et d'y avoir un avenir ».

Pour Bruno Le Maire, ministre français de l'Agriculture qui coprésidait, avec Jacques Diouf, la réunion de Rome, « cette crise met en évidence la nécessité d'appliquer d'urgence le plan d'action pour lutter contre la volatilité des prix agricoles » adopté le 23 juin par les ministres de l'Agriculture du G20 « notamment pour ce qui a trait à la coordination internationale en matière de politique, l'amélioration de la production et de la productivité agricoles et à des réserves alimentaires humanitaires d'urgence ciblées ». (A.N.)

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