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Bulletin Quotidien Europe N° 10427
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/santÉ

Mediator, l'Olaf ouvre une enquête sur l'Agence du médicament

Bruxelles, 26/07/2011 (Agence Europe) - L'Office antifraude européen (OLAF) a annoncé lundi 25 juillet avoir ouvert une enquête sur d'éventuels conflits d'intérêts au sein de l'Agence européenne du médicament (EMA) dans l'affaire du Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids, prescrit également comme coupe-faim, retiré des marchés espagnol, italien et français suite à de graves effets secondaires ayant entraîné le décès de centaines de patients.

Dans un courriel adressé à la députée européenne Michèle Rivasi (Verts/ALE, française), l'OLAF a annoncé qu'elle avait ouvert une enquête interne à l'EMA le 22 juillet, « afin de vérifier les allégations de conflit d'intérêts » suite aux informations transmises par la députée concernant des irrégularités potentielles à l'EMA. Dans un communiqué, Michèle Rivasi et Eva Joly, député verte française également, avaient demandé à l'OLAF d'enquêter sur de possibles conflits d'intérêts au sein de l'Agence européenne qui n'avait pas exigé le retrait du Mediator dès 1999, alors qu'un rapport italien dénonçait clairement les risques de ce produit. Les deux députées soupçonnaient l'agence européenne, où siègent plusieurs représentants français de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et l'État français, de « complaisance » avec le laboratoire Servier, qui avait commercialisé le Mediator (EUROPE n° 10317). Cinq mois après l'introduction de la requête des députées européennes, l'OLAF y a donc répondu positivement. Entre-temps, le Parlement européen a montré sa méfiance. Les députés ont en effet refusé en mai de donner son quitus au budget de l'EMA en refusant de voter sa décharge budgétaire, lui donnant six mois pour se réformer. « L'OLAF a bien vu qu'il y avait conflit d'intérêts (…) C'est une première victoire qui va permettre de donner un coup de pied dans la fourmilière de l'EMA », a souligné Michèle Rivasi, en précisant que l'enquête se fera en collaboration avec les autorités judiciaires françaises. « Je veux que nous ayons une Agence européenne du médicament dans laquelle nous puissions avoir confiance sur le contrôle des médicaments et le suivi des effets secondaires. Si ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui ont le pouvoir, ce n'est pas la peine d'avoir une agence européenne », a ajouté la députée.

Le Mediator était commercialisé dans plusieurs pays européens dont la France, pendant plus de trente ans. Depuis 1998, plusieurs enquêtes font état d'effets secondaires graves directement liés à la prise du produit. Celui-ci a été retiré du marché espagnol en 2003 et italien en 2004 et dès 1997 en Suisse. La France est l'un des derniers pays à l'avoir interdit, en novembre 2009. Selon les députées européennes, l'EMA aurait dû se saisir du Mediator dès 1999 au vu du contenu alarmant du rapport italien. L'EMA se défend en soulignant qu'elle n'avait alors aucun mandat pour se prononcer sur des procédures d'autorisation nationales du Mediator, et souligne qu'elle a réformé ses règles internes en matière de conflits d'intérêts. L'enquête peut déboucher sur un classement sans suite, un recouvrement financier, une saisine des autorités disciplinaires de l'EMA ou un renvoi du dossier aux autorités judiciaires nationales, a précisé l'OLAF dans sa notification. (I.L.)

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