Bruxelles, 26/07/2011 (Agence Europe) - La députée européenne Emine Bozkurt (S&D, néerlandaise) a préparé pour le compte de la commission libertés civiles, justice et affaires intérieures du Parlement européen un rapport sur la corruption dans le sport qui sera adopté en automne. Elle y prône la tolérance zéro pour combattre la corruption dans le sport. Selon la députée, la moitié des États membres sont concernés par les matchs truqués. En Allemagne, ce sont plus de 200 matchs de football qui ont été truqués, malversations qui ont affecté plusieurs États membres et conduit à l'arrestation de 17 personnes. La Turquie, l'Italie et la Finlande sont aussi mêlées à des affaires de corruption, a expliqué Mme Bozkurt. « Tout cela montre très clairement que les matchs truqués sont un délit « attractif », source de gros revenus avec des risques limités. Ils sont parfois le fait du crime organisé, lié au blanchiment d'argent, au trafic de drogue et au trafic d'êtres humains. Les paris sur les matchs truqués ont lieu à grande échelle et bénéficient aux bandes mafieuses. C'est inacceptable », a déploré la députée. Il est nécessaire que l'Europe adopte très rapidement une approche harmonisée pour combattre la corruption dans le sport, avec l'appui d'Europol et d'Eurojust, souligne Mme Bozkurt. Elle invite Europol à créer des équipes d'investigation à l'échelle européenne et d'établir une étroite coopération entre les États membres. « Les matchs truqués doivent être reconnus comme crimes dans tous les États membres et être sévèrement punis », a-t-elle insisté. Les organismes sportifs doivent examiner attentivement les agissements des sociétés sous-traitantes chargées de l'organisation des matchs avant de leur octroyer des licences et exercer un contrôle réel, a poursuivi Emine Bozkurt. Dans son rapport, elle met également en avant la lutte contre le dopage et la nécessité de recourir aux règles européennes pour endiguer le phénomène (Charte des droits fondamentaux, règles relatives à la protection de la vie privée et la protection des données personnelles, droit du travail). « L'Agence mondiale anti-dopage doit créer un système de gestion précis et facile à utiliser, dans le droit fil de la législation européenne. L'accent doit être mis sur les sanctions à l'égard des personnes impliquées dans le dopage plutôt que sur les tests », selon la députée. (I.L.)