Bruxelles, 26/07/2011 (Agence Europe) - L'UE a critiqué la police kosovare, mardi 26 juillet, pour avoir pris le contrôle de deux postes sur la frontière contestée avec la Serbie, et a appelé au calme tandis qu'un différend commercial oppose les deux nations. « Nous pensons que l'opération des autorités kosovares n'a pas été utile », a déclaré la porte-parole de Catherine Ashton, Haute représentante pour l'Union. « Le déploiement policier n'a été fait ni en consultation avec l'UE, ni avec la communauté internationale, et nous le désapprouvons », a-t-elle ajouté. « Nous estimons qu'il est nécessaire que le calme soit rétabli, et que nous revenions au point où nous étions avant cette escalade », a-t-elle précisé. L'intervention de la police, dans la nuit de lundi, a été ordonnée par les autorités kosovares afin d'empêcher les importations en provenance de la Serbie, en réponse à l'embargo sur les produits kosovars observé par Belgrade depuis trois ans. La plupart des produits alimentaires au Kosovo sont importés depuis la Serbie. Selon Reuters, un agent de police kosovar aurait été blessé par balle durant une opération visant à reprendre le contrôle d'un poste frontière dans la partie ethnique serbe du Kosovo.
Le différend commercial a fait l'objet des négociations entre les deux parties, entamées en mars sous les auspices de l'UE. Il y a eu une percée dans les négociations début juillet, notamment sur le type de personnes et de véhicules étant autorisés à traverser la frontière. Toutefois, une nouvelle session de pourparlers prévus la semaine dernière à Bruxelles a été repoussée par le médiateur européen lorsqu'il est devenu évident qu'aucune autre évolution n'était possible. La porte-parole de Mme Ashton a encouragé Belgrade et Pristina à se rasseoir à la table des négociations pour résoudre leur différend. « Nous devons trouver une solution à travers le dialogue, et nous pensons être en mesure d'y arriver », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que la mission européenne de police et de justice au Kosovo, EULEX, était prête à aider Pristina à résoudre le problème, et a souligné que cela « pourrait impliquer, si nécessaire, une présence renforcée ». Le Kosovo affirme que l'embargo commercial observé par Belgrade qui fut introduit lorsque les territoires à majorité ethnique albanaise du Kosovo ont déclaré leur indépendance unilatérale à la Serbie en février 2008, va à l'encontre d'un pacte régional de libre-échange signé par les deux parties. (LoC)