Bruxelles, 25/07/2011 (Agence Europe) - L'UE se borne pour l'instant à « prendre acte » du contenu du discours prononcé samedi 23 juillet par Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, discours qui constitue le lancement formel de la campagne internationale pour la reconnaissance par l'ONU de l'État palestinien. L'UE s'en tient au rappel de la récente déclaration du Conseil des ministres, a réagi la porte-parole de Mme Ashton.
La campagne en faveur de la reconnaissance de l'État palestinien risque, in fine, de se trouver confrontée à un veto américain et d'embarrasser l'UE, laquelle préfère donner plus de chances aux négociations (EUROPE n°10421). Ce n'est pas un « choix tactique » mais il n'a été fait qu'après avoir épuisé les efforts de dialogue avec Israël, a affirmé M. Abbas samedi 23 juillet devant l'ensemble des ambassadeurs et délégués palestiniens en Europe réunis à Istanbul en préparation d'une campagne internationale pour cette reconnaissance. « Ce ne sera pas non plus un acte unilatéral ». Cité par l'agence de presse palestinienne Wafa, il a estimé que la colonisation israélienne en Cisjordanie est, par contre, « l'acte unilatéral par excellence ». Le risque de se retrouver face à un veto américain ne semble pas décourager le leader palestinien, mais « nous ne souhaitons pas nous trouver en confrontation frontale » avec Washington, a-t-il dit.
Aller à l'ONU « n'est pas pour isoler Israël », a ajouté M. Abbas. Ce n'est pas « notre choix, car il n'y en a plus d'autre », a-t-il dit, « compte tenu de l'obstination israélienne » qui a bloqué le processus de paix, alors que « sous le mandat d'Ehud Olmert (le prédécesseur de Benjamin Netanyahou, NdlR), nous étions parvenus à un niveau de compréhension mutuelle acceptable ». Mais « rien n'interdit le retour à la table des négociations » face aux Israéliens. Le recours au Conseil de sécurité de l'ONU ne résoudra pas tous les éléments en discussion. Il faudra entamer des pourparlers directs entre les deux États souverains « et nous sommes disposés à vivre en coexistence avec notre voisin une fois nos droits reconnus ».
De son côté, Marwan Barghouti, dirigeant charismatique palestinien, a depuis sa prison israélienne appelé à des manifestations de masse en septembre en signe de soutien à la demande adressée à l'ONU. Israël prend la menace au sérieux. Cité par le Jerusalem Post, et s'exprimant sous couvert d'anonymat, un commandant militaire israélien a déclaré qu'Israël renforcerait ses défenses frontalières, en prévision de telles protestations.
Israël envisagerait une annulation des accords d'Oslo
Selon le quotidien Haaretz daté de lundi 25 juillet, le Premier ministre israélien envisage l'annulation des accords d'Oslo, signés en 1995, qui sont à la base des négociations de paix en cours. Benjamin Netanyahou a, d'après Haaretz, demandé il y a trois semaines à Yaakov Amidror, le conseiller pour la sécurité nationale d'entamer, avec l'ensemble des ministères, des travaux de réflexion pour se préparer au lendemain de la démarche palestinienne à l'ONU. Il a demandé que le Conseil pour la sécurité nationale fasse des recommandations à l'échelon politique sur la manière dont Israël pourra réagir aux démarches palestiniennes. Un haut fonctionnaire non désigné nommément a précisé qu'une telle démarche ne serait pas une initiative israélienne mais uniquement une riposte. (F.B.)