Bruxelles, 11/07/2011 (Agence Europe) - Les États membres de l'Union européenne se sont fixé comme objectif de ramener sous la barre des 15% le nombre de personnes qui ne maîtrisent pas bien les bases en matière de lecture. Malgré les efforts réalisés, un jeune de 15 ans sur cinq, soit 20% de ces jeunes, et de nombreux adultes, ne savent toujours pas lire correctement, selon les résultats d'une étude paneuropéenne d'Eurydice publiée lundi 11 juillet sur l'enseignement de la lecture en Europe (chiffres de 2009). Un défi d'autant plus urgent à relever que le marché de l'emploi se fera à l'avenir toujours plus exigeant en matière de compétences.
« Il est tout à fait inacceptable qu'en Europe un aussi grand nombre de jeunes ne possèdent pas encore les compétences de base en lecture et en écriture. Cette situation les expose à un risque d'exclusion sociale, augmente leurs difficultés à trouver un emploi et réduit leur qualité de vie », a regretté la commissaire Androulla Vassiliou, commissaire à l'Éducation, à la Culture, au Multilinguisme et à la Jeunesse. Réalisée pour le compte de la Commission européenne, l'étude aborde quatre thèmes principaux: les méthodes d'enseignement, les solutions aux difficultés de lecture, la formation des enseignants et l'encouragement à la lecture en dehors de l'école.
Le cadre stratégique de la coopération européenne en matière scolaire se donne pour objectif de ramener le nombre de personnes ayant une maîtrise insuffisante des compétences de base en particulier en lecture, en mathématiques et en sciences, à un niveau inférieur à 15% en 2020, dans le cadre des priorités en matière d'éducation pour alimenter la stratégie EUROPE 2020. La situation est très contrastée en Europe. La Finlande est le seul pays qui a réussi à faire passer largement sous la barre des 15% le nombre de personnes ayant des difficultés en matière de lecture (8,1%). D'autres se situent juste sous la barre (communauté flamande de Belgique, Estonie, Pays-Bas), d'autres encore atteignent tout juste la moyenne préconisée (Danemark, Pologne) alors que la Roumanie et la Bulgarie affichent toujours un taux préoccupant de 40% de moyenne. Ces deux États membres viennent ou sont sur le point d'introduire des réformes pour remédier à la situation, s'est félicitée la commissaire Vassiliou.
La plupart des experts recommandent de créer des passerelles entre l'école et la maison afin de créer un relais et de continuer à stimuler l'intérêt des étudiants, notamment de manière ludique. Des États membres ont aussi adopté des programmes afin de mieux former les enseignants, d'augmenter les aptitudes professionnelles de ces derniers ou d'enseigner à de petits groupes d'élèves en difficultés. Des méthodes qui demandent un soutien supplémentaire en matière de finances et de ressources humaines. Seuls huit pays (Danemark, Norvège, Finlande, Islande, Irlande, Malte, Royaume-Uni et Suède) mettent par ailleurs à la disposition des écoles des spécialistes de la lecture comme soutien aux enseignants et aux élèves. De nombreux États membres tentent également d'encourager une « culture de la lecture », mais ces campagnes ne touchent pas forcément ceux qui ont le plus besoin d'aide, comme les personnes les plus défavorisées.
Les résultats du rapport apporteront une contribution importante aux travaux du groupe d'experts de haut niveau sur la lutte contre l'illettrisme mis en place par la commissaire Vassiliou en janvier, présidé par la princesse Laurentien des Pays-Bas, et qui soumettra des propositions d'actions stratégiques à la mi-2012. (I.L.)